Pas de miracle aux discussions de Lausanne sur la Syrie

le , mis à jour à 23:30
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 (actualisé avec déclaration de Kerry) 
    par Alexander Winning et Lesley Wroughton 
    LAUSANNE, Suisse, 15 octobre (Reuters) - Des discussions sur 
la Syrie organisées samedi à Lausanne se sont achevées au bout 
de quatre heures sans déboucher sur de quelconques avancées 
concrètes. 
    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre 
russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se sont retrouvés 
dans l'après-midi à Lausanne, où sont également arrivés les 
représentants de sept pays de la région (l'Iran, l'Irak, la 
Jordanie, l'Egypte, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar). 
    Aucun communiqué commun n'a été publié à l'issue de la 
réunion. 
    Près de quatre semaines après la rupture de la trêve 
négociée bilatéralement par Kerry et Lavrov, et douze jours 
après la décision de Washington de suspendre toute coopération 
avec la Russie sur le dossier syrien, la réunion de Lausanne 
marque une nouvelle approche de la question syrienne, dont 
l'Europe est absente. 
    Kerry a dit à la presse qu'un consensus se dessinait sur un 
certain nombre d'options susceptibles de conduire à 
l'instauration d'un nouveau cessez-le-feu, tout en concédant que 
les échanges avaient parfois été vifs. 
    "Je dirais que c'est le genre de choses que nous 
recherchions, c'est à dire une réflexion et une discussion 
sincère", a dit le secrétaire d'Etat. "Un certain nombre d'idées 
ont été avancées par plusieurs ministres." 
    Lavrov, qui avait dit plus tôt ne rien attendre de 
particulier de cette réunion, a déclaré à des agences de presse 
russe que les pays représentés étaient convenus de garder le 
contact dans un avenir proche afin de mettre fin à la crise 
syrienne. Les parties ont évoqué plusieurs "idées 
intéressantes", a-t-il encore indiqué sans donner davantage de 
précision. 
    A Lausanne, un membre de la délégation américaine a reconnu 
que "cela allait être, comme c'est le cas depuis plusieurs 
années, un processus très difficile". 
    Présent dans la ville suisse, un diplomate occidental a 
estimé que cette réunion semblait mal préparée et vague quant à 
ses objectifs. 
    "S'il s'agit de parvenir à un accord sur Alep, des pays vont 
devoir prendre des engagements, la Russie celui de mettre fin 
aux bombardements, l'Iran de retirer ses milices qui soutiennent 
Damas au sol. C'est beaucoup à obtenir en une demi-journée. 
Surtout quand des gens qui arrivent ne sont pas satisfaits par 
le format de ces discussions", a-t-il dit à Reuters. 
    "Pour que ce format soit crédible, Kerry va devoir émerger 
des discussions ce soir en disant que nous avons quelque chose 
pour Alep. Un cessez-le-feu serait crédible", a-t-il ajouté. 
    Avant l'ouverture des discussions à l'hôtel Beau-Rivage, qui 
avait accueilli en mars-avril 2015 un cycle décisif des 
négociations sur le programme nucléaire iranien, Kerry s'est 
entretenu séparément avec son homologue saoudien, Adel al 
Jubeir, puis avec Lavrov. 
    Le secrétaire d'Etat américain et le ministre russe des 
Affaires étrangères ne s'étaient plus rencontrés depuis la 
proclamation, le 19 septembre dernier, de la fin de la 
"cessation des hostilités" en Syrie. 
    Moscou est sous pression de la communauté internationale 
pour mettre fin au pilonnage des quartiers insurgés d'Alep et 
permettre l'acheminement d'aide humanitaire à la population 
civile. 
    Les autorités russes insistent de leur côté sur la nécessité 
de séparer les rebelles dits modérés des groupes qualifiés de 
terroristes. 
    Les discussions devraient principalement porter sur la 
proposition formulée par l'émissaire de l'Onu, Staffan de 
Mistura, d'organiser l'évacuation des combattants djihadistes de 
l'ex-Front al Nosra pour rétablir le cessez-le-feu. Leur nombre 
fait cependant débat, ce qui pourrait empêcher tout accord. 
  
    Kerry doit ensuite se rendre dimanche à Londres où il fera 
le point avec d'autres Etats impliqués dans le dossier syrien, 
dont la France. 
    "Face à la situation dramatique en Syrie, notamment à Alep, 
la France est plus que jamais mobilisée pour atteindre 
l'objectif d'un arrêt des bombardements sur Alep, d'une 
cessation des hostilités, d'un accès de l'aide humanitaire et 
d'une reprise de la négociation en vue d'une solution 
politique", a dit dans un communiqué le ministre français des 
Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, qui sera présent 
dimanche dans la capitale britannique. 
     
    VOIR AUSSI   
    CHRONOLOGIE de l'accord de cessez-le-feu de Genève à la 
bataille d'Alep       
 
 (Julie Carriat, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour 
le service français) 
 
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