Pas de médicaments en grandes surfaces

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La ministre Marisol Touraine coupe court au débat ouvert par l'Autorité de la concurrence.

Pas de révolution en vue dans la vente de médicaments. En réponse à une proposition formulée par l'Autorité de la concurrence, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a affirmé vendredi que la vente de médicaments en grandes surfaces n'était «pas envisagée par le gouvernement», même pour les médicaments non soumis à prescription. La ministre est «particulièrement attentive à ce que le circuit du médicament soit sécurisé et que la consommation des médicaments soit maîtrisée», explique son entourage.

Le gouvernement a, en revanche, donné en partie gain de cause à l'Autorité de la concurrence sur la vente de médicaments en ligne. L'arrêté encadrant les règles de la commercialisation sur Internet de quelque 4 000 médicaments non prescrits entrait en vigueur vendredi. Il précise que le même site pourra vendre à la fois des médicaments non prescrits et des produits de parapharmacie. Par ailleurs, les prix seront librement fixés par le pharmacien à l'origine du site et ils pourront être différents des prix pratiqués dans son officine. «Je ne sais pas si les pharmaciens afficheront les mêmes prix sur les sites et en officines. Mais cela va faire bouger les lignes au niveau des prix car il sera plus facile de les comparer», prévoit Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre des pharmaciens.

Le marché ne devrait, pour autant, pas exploser. Seulement 35 sites étaient enregistrés vendredi auprès de l'Ordre national des pharmaciens, dont plus d'un quart en Alsace. Un manque d'enthousiasme dû à plusieurs raisons. Bon nombre de pharmaciens ne sont pas favorables à la vente en ligne et prévoient d'ouvrir un site essentiellement pour se placer vis-à-vis de la concurrence. Ils se sont d'autant moins précipités que, si la vente en ligne est autorisée depuis le 1er janvier, elle a donné lieu à des controverses avant d'aboutir à une réglementation précise.

5 % des ventes en ligne

«Les pharmaciens attendaient d'être fixés sur les règles auxquelles ils devaient se soumettre pour se lancer. Mais le nombre de demandes d'agrément a été multiplié par trois», précise Isabelle Adenot. Celle-ci s'attend à plusieurs milliers de demandes, sur environ 22 000 officines en France, sans croire pour autant à un véritable développement du marché. Beaucoup de sites ne devraient pas perdurer, si l'on observe ce qui s'est passé dans d'autres pays. «En Belgique, 4 000 officines avaient obtenu leurs licences, mais seules 150 fonctionnent encore. En Allemagne, il reste une quarantaine de sites actifs sur 3 000 agréments», explique Isabelle Adenot. Dans les pays d'Europe où il est autorisé depuis plusieurs années, le commerce en ligne représente à peine 5 % des ventes de médicaments.

Par ailleurs, les règles élaborées en France pour encadrer ces ventes, à la fois pour lutter contre la contrefaçon et la consommation abusive, sont assez lourdes. Chacun de ces sites Web doit être le «prolongement virtuel» d'une pharmacie réelle, elle-même dûment autorisée. Et le site doit permettre un échange interactif avec le pharmacien avant la validation de la commande, stipule ainsi l'arrêté. Encore faut-il séduire les Français. Un sondage Ipsos indiquait il y a quelques mois que 11 % seulement d'entre eux envisagent d'acheter des médicaments en ligne.

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  • dlabore le lundi 15 juil 2013 à 10:22

    encore la pression des phamacos