Pas de demi-mesure au Conseil européen, plaide François Hollande

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Pas de demi-mesure au Conseil européen, plaide François Hollande
Pas de demi-mesure au Conseil européen, plaide François Hollande

par Elizabeth Pineau

ROME (Reuters) - François Hollande a soumis jeudi à ses partenaires européens ses propositions pour relancer la croissance et mettre un terme à la crise des dettes dans la zone euro, qui impliquent selon lui d'introduire de nouveaux mécanismes de solidarité.

Le président français a affiché à Rome son entente avec le président du Conseil italien Mario Monti, tandis que son entourage se montrait très optimiste quant aux chances d'accord au Conseil européen des 28 et 29 juin à Bruxelles.

D'ici là, le sommet du G20 de Los Cabos au Mexique et la rencontre entre François Hollande, Mario Monti, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, le 22 juin à Rome, doivent permettre de trouver des compromis.

"Il y a objectivement les conditions d'un accord", soulignait dans l'entourage du président français.

"Le terrain de jeu - dette publique, croissance, stabilité financière, feuille de route - est déjà acté. L'objectif est d'avoir une forme d'accord politique entre les différents membres en vue du 28 juin.

A Rome, François Hollande a invité l'Europe à se donner les moyens de se sortir de l'ornière pour longtemps.

"Tant que n'aurons pas mis en place des instruments, des procédures, des mécanismes stables, durables, avec des montants suffisants, nous serons toujours vulnérables", a-t-il dit.

"C'est le moment de le faire. Il y eu trop de conseils européens qui ont annoncé que la solution était trouvée pour que moi-même je me satisfasse, au prochain conseil européen, de demi-mesures", a ajouté le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse avec son hôte.

François Hollande a confirmé avoir adressé au président du Conseil européen, Herman Von Rompuy, un document de préparation au sommet de la fin juin fondé sur trois principes : croissance, stabilité et approfondissement de l'union économique et monétaire.

EUROBONDS

Sur ce dernier volet, il a souhaité l'établissement d'une taxe sur les transactions financières, sur la base de coopérations renforcées entre pays volontaires.

Il a d'autre part évoqué "des obligations qu'on peut appeler 'euro-bonds', 'euro-bills', 'fonds d'amortissement'. Ça renvoie à des réalités différentes mais nous avons besoin de nouveaux instruments, qui supposeront eux-mêmes plus d'intégration".

Son entourage jugeait possible un accord sur ce point, malgré l'opposition de l'Allemagne, à condition d'en faire un objectif de moyen terme "mais pas à l'horizon décennal"

François Hollande a souhaité que les sommes qui seront débloquées pour doper la croissance en zone euro soient d'un montant "conséquent" et souligné qu'elles ne pouvaient être financées par les Etats eux-mêmes.

De source française, on juge souhaitable une enveloppe de 100 milliards d'euros (provenant de la recapitalisation de la Banque européenne d'investissement, des fonds structurels et des "projectbonds") pour stimuler la croissance à court terme.

La recapitalisation directe et la licence bancaire "ça peut se faire d'ici la fin de l'été", alors que d'autres projets comme l'union bancaire constituent "un travail de plusieurs années", souligne-t-on de source française.

Sur le volet stabilité, "l'Europe a besoin d'instruments, de mécanismes, qui permettent de soutenir banques, Etats qui peuvent se trouver à un moment et injustement dans une tourmente de façon à ce que la spéculation soit découragée", a dit François Hollande à Rome.

"Je partage aussi l'idée que nous avons besoin de financement pour les investissements d'avenir et que là encore, l'Europe devrait regarder ce qu'apportent les différents Etats (...) pour avoir une classification plus souple que ça n'est le cas aujourd'hui en termes de classification de ces dépenses", a-t-il ajouté.

Mario Monti a reconnu de son côté que les "progrès importants" réalisés au niveau européen "ne suffisent pas à mettre l'euro à l'abri des turbulences du marché".

"Il faut donc agir pour renforcer les points faibles du système", a-t-il dit.

Les deux dirigeants ont par ailleurs encouragé la Grèce, qui vote dimanche, à tenir ses engagements pour rester dans l'euro.

Elizabeth Pineau, édité par Benoît Van Overstraeten

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