Pas de déblocage en vue entre Grèce et Eurogroupe lundi

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* Athènes a envoyé à la zone euro une liste enrichie de réformes * Trop tard pour permettre un examen par l'Eurogroupe lundi-source * La Grèce a remboursé 310 millions au FMI * "La BCE nous laisse la corde autour du cou", dit Tsipras par Renee Maltezou et Jan Strupczewski ATHENES/BRUXELLES, 6 mars (Reuters) - La Grèce a adressé vendredi aux autres pays de la zone euro une liste enrichie de propositions de réformes mais des responsables de l'Union jugent que cette initiative ne suffira pas à assurer le déblocage de plusieurs milliards d'euros d'aide internationale. Athènes a par ailleurs remboursé une première tranche, de 310 millions d'euros, d'un prêt de 1,5 milliard du Fonds monétaire international (FMI) tandis que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a demandé à ce que son pays soit autorisé à emprunter davantage à court terme sur les marchés pour combler ses besoins de financement. Jeudi, le président de la BCE, Mario Draghi, a affiché une position ferme face à Athènes en rappelant que la banque centrale n'avait pas le droit de financer les Etats et qu'elle ne rouvrirait pas ses guichets aux banques grecques tant qu'Athènes ne se plierait pas aux conditions du plan d'aide, prolongé jusqu'à la fin juin. ID:nL5N0W73Z8 "La BCE nous laisse la corde autour du cou", a réagi Alexis Tsipras dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, dont celui-ci a publié des extraits vendredi. Son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, a adressé vendredi à Jeroen Dijssebloem, son homologue néerlandais qui préside l'Eurogroupe, une lettre détaillant les réformes envisagées par son pays. Il y promet de lutter contre l'évasion fiscale et de réaliser des économies budgétaires, de créer un "conseil budgétaire" ainsi que de revoir les licences accordées sur les jeux de hasard afin d'augmenter les recettes de l'Etat, a déclaré un responsable grec. La lettre réaffirme aussi la volonté du gouvernement d'Alexis Tsipras de favoriser le paiement des arriérés d'impôts et de taxes et de lutter contre la bureaucratie tout en améliorant le climat des affaires. Mais ce document est parvenu trop tard à l'Eurogroupe pour être pris en compte dans les travaux préparatoires de la réunion ministérielle prévue lundi à Bruxelles, a expliqué une source de l'UE. TSIPRAS PROMET "MOINS DE PAROLE ET PLUS D'ACTES" "Quelles que soient les propositions, elles ne peuvent pas être considérées isolément", a déclaré cette source, un haut responsable de l'Union qui a requis l'anonymat. "Elles doivent être étudiées dans le contexte global de toutes les mesures politiques (...) Il n'y a pas de lien (entre la lettre) et les versements." L'une des principales conditions à la reprise des aides est la conclusion d'un accord entre Athènes et les trois "institutions" créancières, c'est à dire la zone euro, la BCE et le FMI, sur la mise en oeuvre des réformes promises par le précédent gouvernement. Or les discussions sur le sujet n'ont même pas débuté. Les débats de lundi à Bruxelles porteront principalement sur les moyens de relancer ces discussions techniques, interrompues par la convocation des législatives anticipées du 25 janvier. La Grèce doit rembourser d'ici la fin du mois le prêt de 1,5 milliard d'euros du FMI, en trois tranches, les 13, 20 et 27 mars. Au-delà, les besoins de financement d'Athènes sont estimés à environ 4,5 milliards d'euros par mois, une enveloppe qui inclut par exemple les traitements des fonctionnaires et les pensions de retraite. Le gouvernement a commencé à puiser dans les réserves des fonds de pension du pays et d'autres institutions publiques. Mais plusieurs autres solutions de financement à court terme ont été retoquées par ses créanciers internationaux. Le responsable européen, informé de l'évolution des discussions entre la Grèce et l'Eurogroupe, a appelé le gouvernement grec à accélérer l'élaboration de ses propositions détaillées de réformes, qui pourraient débloquer le versement de 1,8 milliard d'euros d'aide. "Nous en sommes au tout, tout début de ce processus. La situation n'est pas catastrophique mais le rythme doit s'accélérer", a-t-il dit. De son côté, avouant à demi-mot que le discours parfois très dur de son gouvernement sur la situation financière de son pays et les attaques contre certains interlocuteurs européens risquaient de nuire à sa position, Alexis Tsipras a expliqué au Spiegel avoir demandé à tous ses ministres "moins de paroles et plus d'actes". (avec Stephen Brown à Berlin, Marc Angrand pour le service français)

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