Pas d'investigations sur les bandes de l'affaire Bettencourt

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PAS D'INVESTIGATIONS SUR LES BANDES DE L'AFFAIRE BETTENCOURT
PAS D'INVESTIGATIONS SUR LES BANDES DE L'AFFAIRE BETTENCOURT

BORDEAUX (Reuters) - La justice française a rejeté jeudi la demande du parquet général de Bordeaux d'investigations visant à déterminer qui avait transmis à la presse les enregistrements clandestins effectués au domicile de Liliane Bettencourt en 2010, a-t-on appris de source judiciaire.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux n'a pas suivi l'avocat général Pierre Nalbert qui demandait que les juges d'instruction engagent des investigations sur les sources du site d'informations Médiapart et du magazine Le Point qui avaient publié des extraits des enregistrements.

Lors de l'audience, le 25 avril, le directeur de la publication de Médiapart Edwy Plenel et l'un de ses journalistes Fabrice Arfi avaient demandé l'annulation de leur mise en examen pour atteinte à la vie privée.

Ils contestaient leur mise en cause estimant avoir protégé Liliane Bettencourt aujourd'hui âgée de 90 ans et placée sous tutelle des "manigances dont elles faisait l'objet", mais sans rien révéler concernant son intimité.

"Il est anormal que ceux qui ont donné l'alerte soient aujourd'hui sur les mêmes bancs que ceux qui ont commis des délits", avait déclaré Edwy Plenel à la presse en marge de l'audience.

Le 28 mai dernier, la chambre s'y est opposée, suivant les réquisitions du parquet général.

Dans ce dossier six personnes sont mises en examen. Edwy Plenel et Fabrice Arfi, ainsi que deux journalistes du Point et un ancien de Médiapart aujourd'hui au Monde qui n'ont pas engagé de recours contre leur mise en examen, pas plus que l'ancien majordome de l'héritière de L'Oréal, Pascal Bonnefoy, l'auteur des enregistrements.

Il les avait effectués au domicile de Liliane Bettencourt en 2010.

Les conversations avaient été à l'origine de l'affaire qui a abouti à la mise en examen de 19 personnes, la plupart dans le cadre du dossier principal, celui de l'abus de faiblesse.

Le 27 mai dernier, la cour d'appel de Versailles examinait la légitimité de la publication de la transcription des enregistrements par Médiapart et Le Point suite à une plainte de Liliane Bettencourt en juillet 2010.

Les deux médias avaient obtenu gain de cause en première instance et en appel mais la cour de Cassation avait estimé en octobre 2011 qu'il s'agissait d'une "atteinte à la vie privée".

La cour rendra sa décision d'ici au 4 juillet.

Claude Canellas, édité par Gérard Bon

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  • picokrab le jeudi 6 juin 2013 à 17:19

    qu'on laisse Mediapart faire ses missions de salubrité publique

  • manx750 le jeudi 6 juin 2013 à 17:15

    Les juges auraient fait des investigations si ces bandes avaient été ...d'extrême droite ! lol