Pas d'euphorie après des soldes plutôt réussis

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Près de 80% des Français ont acheté en soldes. Deux commerçants sur trois estiment avoir réussi cette période importante? qui ne sauvera pas pour autant la saison.

Une éclaircie dans un ciel bien sombre... Les soldes d'été, qui se terminent mardi, s'achèvent sur une note un peu plus positive qu'anticipé. Alors que plusieurs sondages annonçaient une chute des intentions d'achat de 10 % avant l'ouverture de cette période cruciale, les rabais agressifs ont permis aux commerçants de bien écouler leurs stocks, exceptionnellement élevés cette année après un printemps pourri. Malgré un premier week-end poussif, durant lequel à peine plus d'un Français sur deux a sorti le porte-monnaie, le retour du beau temps a permis aux ventes d'habillement - 77 % des achats en solde - de rebondir de plus de 2 % sur les cinq semaines de promotions, selon les estimations de la Fédération des enseignes de l'habillement (FEH). Après 15 jours de promotions, 54 % des commerçants affirmaient avoir des stocks moins importants ou équivalents à la saison dernière, selon l'Institut français de la mode (IFM). «Nous avons ­déstocké plus vite que prévu, confirme Pierre Pelarray, directeur du Printemps Haussmann à Paris, dont la clientèle très internationale à permis au grand magasin de porter à 6% la hausse de ses ventes par rapport à 2012. «Les achats ont été concentrés sur les avant-premières et les premiers jours, puis ça s'est calmé un peu, plus vite que d'habitude» tempère-t-il.

Clients «désinhibés»

L'Ile-de-France, notamment dans les centres commerciaux de périphérie, affiche les meilleures performances, avec un recul de 0,2 % de la fréquentation, contre 1,8 à 2 % sur les centres du reste de l'Hexagone. «On nous avait promis des soldes catastrophiques, détaille Jean-Michel Silberstein, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC). On a tendance à se complaire dans une morosité ambiante, mais quand le consommateur est sollicité par de très bonnes affaires, cela le désinhibe.» Sur la région parisienne, 2 commerçants sur 3 estiment ainsi avoir réalisé des soldes satisfaisants, soit 15 % de plus qu'en 2012.

Fondamentaux mauvais

Au final, les professionnels restent sceptiques sur l'effet à long terme de cette embellie. «La hausse du chiffre d'affaires ne sera pas suffisante pour compenser un printemps très mauvais», souligne Julien Thuillier au Centre régional d'observation du commerce de l'industrie et des Services (Crocis), confirmant le sentiment d'un commerçant parisien: «Nous avons bien vendu, mais avec les fortes démarques (au minimum 40 % dès le démarrage NDLR), le chiffre d'affaires stagne.» En mai, le secteur avait dévissé de 8,6 %, avant de rebondir d'un petit point en juin. Mais sur le premier semestre, les ventes textiles et habillement restent en baisse de 2,3 %.

«Ce bilan mitigé est normal, car les fondamentaux sont mauvais», appuie François-Marie Grau, délégué général adjoint de l'Union française des industries de l'habillement (Ufih), en référence au pouvoir d'achat des ménages. Pris dans des arbitrages budgétaires, les consommateurs se concentrent sur les dépenses prioritaires (voir ci-dessous). Comme l'habillement enfant, moteur des ventes durant les soldes.

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  • NORDGHAZ le lundi 29 juil 2013 à 11:01

    c'est du vent !!! pas fait les soldes comme des millions, on le voit et on verra chiffes d'affaires en berne charges en hausse sans rien vendre. les commerces ferment et fermeront encore et encorece n'est que le debut...

  • bignou56 le samedi 27 juil 2013 à 11:51

    produit en soldes = produits bas de gamme