Pas d'équilibre avant 2040 : l'avenir du système de retraites s'assombrit

le , mis à jour à 20:46
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Le président Emmanuel Macron, lors des cérémonies de commémoration du 18 juin 1940, au Mont Valérien de Suresnes, le 18 juin 2017 ( POOL/AFP/Archives / bertrand GUAY )
Le président Emmanuel Macron, lors des cérémonies de commémoration du 18 juin 1940, au Mont Valérien de Suresnes, le 18 juin 2017 ( POOL/AFP/Archives / bertrand GUAY )

L'avenir s'assombrit: le système de retraites, tous régimes confondus, ne devrait finalement pas retrouver l'équilibre financier avant le début des années 2040 au mieux, selon les dernières prévisions du Conseil d'orientation des retraites (COR), qui pourraient changer la donne pour le gouvernement.

"Après plus de vingt ans de réformes successives, le problème des retraites n'est plus un problème financier", peut-on encore lire dans le programme du candidat Emmanuel Macron.

Un argument fragilisé par le rapport annuel sur les "évolutions et perspectives des retraites en France" que doit adopter le COR mardi.

Selon une version provisoire du document, consultée lundi par l'AFP, le "solde financier du système de retraite" (régimes de base et complémentaires, Fonds de solidarité vieillesse inclus) devrait s'établir à -0,4% du PIB à l'horizon 2021.

Une mauvaise surprise comparée aux prévisions publiées en 2016 - qui tablaient sur un déficit deux fois moindre (-0,2% du PIB) à l'horizon 2020 -. Imputable à la révision à la baisse des hypothèses de croissance du PIB (passées pour 2020 de 1,9% l'année dernière à 1,7%).

Jusqu'alors envisageable pour le milieu des années 2020, le retour à l'équilibre n'interviendrait qu'au début des années 2040, en supposant une croissance des revenus d'activité d'1,8% et un taux de chômage à 7%.

Il serait repoussé au début des années 2050 en cas de croissance à 1,5%, taux en dessous duquel le système resterait "durablement en besoin de financement", note le rapport.

Pour évaluer ces besoins jusqu'à l'horizon 2070, le COR s'appuie sur quatre scénarios de croissance des revenus d'activité (1%, 1,3%, 1,5%, 1,8%) couplés à un taux de chômage de 7% à partir de 2032.

A moyen terme, le "solde financier du système resterait négatif" dans tous les cas "sous l'effet principalement de la baisse des ressources en pourcentage du PIB".

- Des retraités échaudés -

La situation s'aggraverait même dans le scénario le plus optimiste, avec un déficit de 0,7 % du PIB entre 2026 et 2030 en cas de croissance à 1,8%.

En revanche, à plus long terme, on observe une baisse des dépenses, dans trois scénarios.

Plusieurs facteurs permettent d'expliquer ces projections plus pessimistes, comme la récente révision des prévisions démographiques de l'Insee, avec l'abaissement du solde migratoire annuel et l'allongement de l'espérance de vie des hommes, ou les effets plus rapides qu'escompté de la réforme de 2010.

Autre explication : une croissance de la masse salariale des fonctionnaires (où le taux de cotisation finançant les retraites est plus élevé) moindre que la masse salariale totale, qui a un effet minorant sur les ressources du système. Mais traduit également de moindres dépenses pour l'État.

Pris en compte pour la première fois, le compte pénibilité, qui pourrait permettre à 100.000 personnes d'anticiper leur départ à la retraite en 2070, aurait un impact "quasi nul" sur le solde financier du système.

A l'inverse, la liquidation unique dans les régimes alignés (Lura) à compter de juillet devrait "conduire à baisser la pension moyenne des polypensionnés" jouant d'autant sur les comptes.

Pour le gouvernement d'Emmanuel Macron, qui promet d'unifier tous les régimes de retraite sans toucher à l'âge légal de départ ou aux modalités des pensions, l'équation pourrait se compliquer.

D'autant plus que l'augmentation d'1,7 point du taux normal de la CSG (contribution sociale généralisée) ne fait rien pour rassurer des retraités échaudés par le gel de leurs pensions. Et pour qui le COR prévoit une baisse de la pension moyenne relative au revenu d'activité.

Trois leviers sont privilégiés pour assurer la pérennité financière des systèmes de retraites : l'âge de départ, le niveau des pensions et les cotisations.

Il reviendra à une autre instance, le comité de suivi des retraites, de formuler ou non des recommandations à l'adresse du gouvernement, dans un avis à paraître avant le 15 juillet. Ce qu'il s'est gardé de faire depuis sa création en 2014.

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  • M7876977 il y a 3 jours

    Ne vous inquiétez pas les vieux on va se saigner pour vous toute notre vie et prendre notre retraite à 75 ans parce qu'on vous aime. Peut-être même qu'on va augmenter vos rentes en plus tant qu'on y est, veinards ! Hahahaha !

  • M3366730 il y a 3 jours

    http://www.ifrap.org/retraite/retraites-edf-les-retraites-du-prive-et-les-familles-mis-contribution Plus tout ce qui a été pris avant dans les caisses de retraites du privé : CNAVTS (9 milliards en 2005 pour rééquilibrer les retraites EDF), AGIRC/ARRCO (rien qu'en 2012 : 6,9 milliards dont 1,2 milliard pour les retraités de la RATP), plus les années suivantes........ http://www.capital.fr/votre-retraite/fonctionnaires-cheminots-ces-retraites-dorees-qu-alain-juppe-et-francois-fillon-veulent-suppr

  • M3366730 il y a 3 jours

    Il suffit d'aller sur les sites de: http://www.ifrap.org/, http://www.contribuables.org/, http://www.sauvegarde-retraites.org/ et tout est dit sur le siphonage qui ont été opérez sur la CNAVTS et L'AGIRC/ARRCO de plusieurs dizaine de milliards d'euros pour financer les déficits des retraites de régimes spéciaux et de fonctionnaires qui en cotisent pas assez pour la part salariale.

  • M3366730 il y a 3 jours

    "le problème des retraites n'est plus un problème financier" Si il est un problème principalement financier quand depuis au moins 2005 des milliards sont pris dans les caisses de la CNAVTS (retraite obligatoire du privé) pour financer les retraites des régimes spéciaux et de fonctionnaires, idem depuis 2008 sur l'AGIRC/ARRCO (retraite complémentaire du privé) pour financer les retraites des régimes spéciaux et de fonctionnaires (dont IRCANTEC) ultra déficitaires (mini 50 milliards siphonnés).

  • M7403983 il y a 3 jours

    Ce sont les cotisants d'aujourd'hui qui paient nos retraites. D'où; il faut créer de la richesse en notre pays. Avec ce Macron de gauchiste, cela n'en prend pas la direction. Même avec maman Brigitte ex prof ayant son bureau et son personnel à l'Elysée !!!!

  • mlemonn4 il y a 3 jours

    Au COR on retrouve tous ceux qui ont déjà participer au pillage des retraites de la gestion paritaire et cela ne risque pas de s'arranger, car il va bien falloir recaser avec des rentes de situation tous ces gens qui ont été débarqués; ils sortent par la grande porte en tant qu'élu mais reviennnet toujours par une petite porte dans la sphère publique ou par publique et nous coûtent toujours aussi cher mais malheureusement en se multipliant à chaque fois comme des rats ! Ceci explique pourquoi!

  • M2941863 il y a 3 jours

    La macromania étant bien mise en place, c'est bien mais en fin de compte rien ne changera et au contraire la situation va s'aggraver! d'autant que les 750€/mois pour les immigrés qui arrivent n'est pas remis en cause... donc les cotisations vont servir à appauvrir les français qui ont travaillé pour donner à tous ces profiteurs qui arrivent... on touche le fond !

  • faites_c il y a 3 jours

    Les hypothèses prises sur le taux de croissance et le chômage sont complètement farfelues et changent tous les 6 mois! D'autre part je mets au défi n'importe quel membre du COR de s'engager sur sa fortune personnelle sur les hypothèses prises! Prendre en compte le compte pénibilité pour les départs en retraites de 2070, est à peu près aussi plausible que les prédictions de température de météo France pour l'année 2070 (encore faudrait-il que le compte pénibilité survive jusque là!!!)!

  • a.lauver il y a 3 jours

    Pourtant sur ce sujet Hollande a juger bon de n'absolument rien faire ! Le mariage pour tous était beaucoup plus important

  • cmaignan il y a 3 jours

    Actuellement , les difficultés du régime retraite viennent surtout du chômage de masse. Mais je suis d'accord avec vous, qu'elle est l'utilité de garder de tels organismes sur le long terme ? Il faut tout supprimer.