Pas d'économies sur le dos des fonctionnaires, assure Ayrault

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LES FONCTIONNAIRES INVITÉS À S'IMPLIQUER DANS LA MODERNISATION DE L'ÉTAT
LES FONCTIONNAIRES INVITÉS À S'IMPLIQUER DANS LA MODERNISATION DE L'ÉTAT

METZ, Moselle (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a assuré jeudi que les économies supplémentaires demandées au budget de l'Etat ne se feraient pas sur le dos des fonctionnaires, qu'il a néanmoins invités à s'impliquer dans la modernisation de l'Etat.

Huit fédérations syndicales de la fonction publique lui ont adressé un courrier pour s'inquiéter des conséquences sur leur situation de la baisse de 50 milliards d'euros de la dépense publique annoncée d'ici 2017 par François Hollande.

"Pourquoi voulez-vous qu'elle se fasse sur leur dos", a répondu Jean-Marc Ayrault à une question d'un journaliste peu avant qu'il adresse ses voeux aux fonctionnaires depuis la préfecture de la Moselle.

"Je suis venu leur apporter un message de confiance mais en même temps leur dire que comme tout corps, comme toute organisation, nous avons besoin de nous réformer, de nous adapter", a-t-il ajouté après une visite à la Caisse d'allocations familiales et au Service d'incendie et de secours de la Moselle.

Le Premier ministre a précisé que cet effort s'accompagnerait de la poursuite des négociations entre les syndicats et la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, "pour voir comment on peut améliorer les carrières, comment améliorer les conditions de travail".

Dans leur courrier, les syndicats demandent une revalorisation de tous les salaires après quatre ans de gel du point d'indice et alors que le ministre du Budget a indiqué mercredi que la masse salariale des fonctionnaires de l'Etat avait diminué de 200 millions d'euros l'an passé.

AUTONOMIE ET DÉCONCENTRATION

Jean-Marc Ayrault a rappelé, dans son discours, que les plus bas salaires de la catégorie C, ceux avoisinant le Smic, seraient revalorisés au 1er février 2014, puis de nouveau au premier janvier 2015. Cette mesure annoncée à l'automne dernier touchera selon lui 1,6 million d'agents des trois fonctions publiques (Etat, collectivités, Santé).

Pour autant, il a reconnu le risque d'une perte d'attractivité de la fonction publique relevé par le conseiller d'Etat Bernard Pêcheur dans le rapport que celui-ci a remis au Premier ministre le 4 novembre dernier.

"Nous avons besoin de redonner des perspectives, de motiver nos personnels dans la durée, de restaurer l'amplitude des déroulements de carrière et des rémunérations et de renforcer les perspectives de promotion sociale", a-t-il affirmé.

Jean-Marc Ayrault a aussi défendu une fonction publique "plus efficace".

"Il n'est plus acceptable que 6.000 demandes de comptes rendus soient adressées chaque année aux services déconcentrés de l'Etat, dont une partie n'est jamais utilisée", a-t-il affirmé en promettant moins de "lourdeurs" et de "procédures" mais aussi plus de "déconcentration" des services de l'Etat.

"Nous devons faire confiance aux gestionnaires de proximité. Il faut leur garantir plus d'autonomie", a-t-il dit en s'offusquant qu'il faille attendre "six mois" la validation par l'échelon national d'un changement d'affectation d'un fonctionnaire entre deux bureaux d'une même direction départementale. Ou "qu'un chef de service n'ait pas son mot à dire sur l'arrivée d'un agent dans son service".

Il a, en contrepartie, demandé aux agents publics d'être "exemplaires et irréprochables".

"Les fonctionnaires ont tout à gagner à faire progresser le contrôle de l'absentéisme, précisément pour démontrer qu'il n'y a pas d'abus dans la fonction publique".

Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet

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