Pas d'avancée à New York sur une reprise de la trêve en Syrie

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 (Actualisé avec précisions, citations) 
    par Lesley Wroughton, John Irish et Denis Dyomkin 
    NEW YORK, 23 septembre (Reuters) - A l'issue d'une réunion 
qualifiée jeudi par l'envoyé de l'Onu pour la Syrie de "longue, 
douloureuse" et "décevante", les Etats-Unis et la Russie ne sont 
pas parvenus à un accord sur une reprise de la trêve dans le 
pays. 
    La réunion de la vingtaine de pays du Groupe international 
de soutien à la Syrie (GISS) s'est achevée sur un constat 
d'échec, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï 
Lavrov, estimant qu'il ne s'y était "rien passé". 
    L'armée syrienne a annoncé au même moment le déclenchement 
d'une nouvelle offensive sur la ville d'Alep et a conseillé aux 
habitants de s'éloigner des positions tenues par les rebelles. 
  
    "Nous avons échangé des idées avec les Russes et nous 
prévoyons de (les) consulter demain", a déclaré le secrétaire 
d'Etat américain John Kerry à l'issue de la réunion.  
    "Je ne suis pas moins déterminé aujourd'hui que je ne 
l'étais hier, mais je suis encore plus frustré", a-t-il ajouté, 
se disant inquiet de l'annonce de Damas. 
    Les Etats-Unis et la Russie s'étaient accordés le 9 
septembre sur un accord visant à raviver les négociations de 
paix en Syrie. L'accord prévoyait une trêve, l'amélioration les 
conditions d'accès de l'aide humanitaire et, in fine, une 
possible coopération militaire contre des groupes djihadistes. 
    La trêve s'est effondrée une semaine après son entrée en 
vigueur, le 12 septembre, lorsqu'un convoi d'aide a été 
bombardé, tuant une vingtaine de personnes.   
    "La bonne nouvelle, c'est que la Russie et les Etats-Unis se 
sont mis d'accord pour travailler intensément sur un possible 
rétablissement" de la trêve, a dit l'envoyé des Nations unies 
pour la Syrie, Staffan de Mistura 
    "Pendant ce temps (...) tout le monde revient dans le 
conflit. Les prochaines heures, les prochains jours tout au plus 
sont critiques" pour l'avenir de l'accord, a-t-il jugé, estimant 
que les deux pays étaient désireux de parvenir à une entente. 
     
    CLOUER LES AVIONS AU SOL 
    John Kerry a réclamé mercredi un arrêt des vols russes et du 
régime syrien au dessus des zones de combat.  
    "Nous n'avons pas encore réussi, mais nous avons compté un 
fort soutien autour de la table pour cette proposition, une 
interdiction temporaire de tous les vols pour créer les 
conditions d'une trêve", a déclaré le ministre allemand des 
Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. 
    "La réponse des Russes n'était pas satisfaisante", a observé 
pour sa part son homologue français, Jean-Marc Ayrault. La 
nouvelle offensive d'Alep montre selon lui qu'il ne pourra pas y 
avoir de trêve sans arrêt des opérations aériennes. 
    "Il y a des conditions pour réussir", a-t-il estimé: "La 
première c'est d'exiger que l'aviation syrienne reste clouée au 
sol (...) et la deuxième, c'est qu'il faut que l'ensemble des 
membres du GISS soit associé au contrôle de la mise en oeuvre 
d'une trêve." 
    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a 
estimé pour sa part que l'opposition syrienne devait faire un 
pas en avant en vue d'un compromis. 
    Un responsable américain du département d'Etat, requérant 
l'anonymat, a jugé quant à lui: "La balle est (...) dans le camp 
des Russes pour revenir vers nous avec des idées sérieuses (...) 
quant aux activités aériennes au-dessus de larges zones de la 
Syrie". 
 
 
 (avec Michelle Nichols; Henri-Pierre André et Julie Carriat 
pour le service français) 
 
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