Pas d'accord sur la dette argentine, défaut de paiement imminent

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PAS D'ACCORD SUR LA DETTE ARGENTINE
PAS D'ACCORD SUR LA DETTE ARGENTINE

par Richard Lough et Eliana Raszewski et Daniel Bases

BUENOS AIRES (Reuters) - L'Argentine n'a pas conclu d'accord avec les fonds réfractaires pour lui éviter de se retrouver pour la deuxième fois en 12 ans en situation de défaut, lors des discussions à New York, qui ont pris fin mercredi soir.

Parallèlement, des tractations de dernière minute visant à ce que des banques privées argentines rachètent de la dette due par Buenos Aires aux fonds réfractaires ont échoué, a-t-on déclaré mercredi soir de source bancaire dans la capitale argentine.

Le ministre argentin de l'Economie, Axel Kicillof, a parlé à plusieurs reprises lors de sa conférence de presse à New York, à propos des fonds spéculatifs, de "vautours", au terme de ces deux journées de tractations.

"Malheureusement, aucun accord n'a été conclu, et la République d'Argentine va se retrouver de façon imminente en situation de défaut", a dit pour sa part mercredi soir le médiateur américain dans ce dossier, Daniel Pollack.

Le ministre argentin a indiqué qu'il allait retourner en Argentine dès ce mercredi soir, au terme de la conférence de presse qu'il a tenue au consulat d'Argentine à New York.

L'Argentine, a dit Axel Kicillof, a soumis en vain à certains de ses créanciers les mêmes termes de remboursement que ceux qu'elle avait retenus pour le paiement d'autres détenteurs de titres de dette souveraine restructurés.

Il a précisé que ce groupe de créanciers avait refusé la proposition de Buenos Aires.

Ces deux journées de discussions étaient censées régler le contentieux sur le remboursement par l'Argentine de 1,33 milliard de dollars, plus intérêts, aux dits fonds ordonné par un juge américain.

S&P DECLASSE LA NOTE SOUVERAINE DE L'ARGENTINE

Ces fonds réfractaires ont refusé de participer aux deux opérations de restructuration de la dette argentine menées en 2005 et 2010 après le défaut retentissant de 2002 sur une centaine de milliards de dollars d'emprunts.

Pour Daniel Pollack, les conséquences d'un tel défaut sont imprévisibles, et certainement pas bonnes, a-t-il ajouté. Il ne s'agira "pas d'une simple mesure technique, mais plutôt d'un événement concret et douloureux qui touchera des gens", a-t-il ajouté. La "vraie victime, au bout du compte, ce sera l'Argentin de la rue", a continué le médiateur.

Buenos Aires a officiellement jusqu'à la fin de la journée de mercredi, heure de New York (04h00 GMT jeudi), pour sortir de l'impasse. En cas d'échec, le juge américain Thomas Griesa interdira à l'Argentine de verser leurs intérêts aux créanciers qui avaient accepté les restructurations, déclenchant ainsi un défaut.

Un défaut de paiement ne provoquerait pas de choc majeur sur les marchés compte tenu du fait que l'Argentine en est relativement éloignée. Mais il affecterait une économie déjà en récession et confrontée à une inflation croissante.

Avant même la fin officielle de ces négociations, Standard & Poor's a déclassé mercredi la note souveraine de l'Argentine, reléguant le pays dans la catégorie "défaut sélectif".

(Mathilde Gardin, Benoît Van Overstraeten et Eric Faye pour le service français)

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