Pas d'accord Russie-USA sur la Syrie, poursuite des discussions

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    par Lesley Wroughton et Stephanie Nebehay 
    GENEVE, 27 août (Reuters) - Les Etats-Unis et la Russie ne 
sont pas parvenus au terme de leur entretien vendredi à Genève à 
un accord de coopération militaire contre l'organisation Etat 
islamique (EI) et une cessation des conflits en Syrie, les deux 
pays ayant encore des différends à résoudre. 
     S'adressant à la presse plus de neuf heures après 
l'ouverture des discussions, le secrétaire d'Etat américain John 
Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont déclaré que les 
deux équipes de négociateurs tenteraient de régler les derniers 
points de l'accord dans les prochains jours. 
    John Kerry a annoncé que les discussions avec Sergueï Lavrov 
avaient apporté "de la clarté en vue d'avancées" mais les deux 
responsables ont fourni peu de précisions quant au 
renouvellement de la trêve de février et les interventions 
humanitaires. 
    "Nous ne voulons pas parvenir à un accord juste pour avoir 
un accord", a déclaré John Kerry au côté de Sergueï Lavrov. 
    "Nous voulons quelque chose qui soit efficace pour le peuple 
syrien, qui rende la région plus stable et plus sûre et qui nous 
ramène à la table de négociations ici à Genève pour trouver une 
solution politique", a-t-il ajouté. 
    Les discussions entre les deux pays, débutées en juillet, 
ont été compliquées par de nouvelles attaques du régime de 
Bachar al Assad sur des groupes de l'opposition ainsi qu'une 
importante offensive menée dans le sud d'Alep contre le régime 
par des rebelles alliés à des combattants du Front al Nosra. 
    Le Front al Nosra, jusqu'ici branche syrienne d'Al Qaïda, a 
rompu ses liens avec l'organisation le mois dernier et a changé 
son nom pour "Front Fatah al Cham".   
    Les équipes techniques russes et américaines seront chargées 
dans les prochains jours de trouver le moyen de distinguer les 
groupes rebelles soutenus par les Etats-Unis et les pays du 
Golfe, des djihadistes. 
    La conclusion d'un accord résolvant les divergences des deux 
pays reste incertaine, Moscou et Washington soutenant des 
parties adverses.  
     
    DEUX PRINCIPAUX OBSTACLES 
    Les Etats-Unis avaient insisté sur une immobilisation des 
avions de Damas pour éviter des attaques sur des groupes 
rebelles modérés, mais Sergueï Lavrov a dit vendredi qu'une 
telle mesure n'était pas le but de l'accord. Le sort de Bachar 
al Assad, soutenu par Moscou, n'a pas été évoqué lors des 
discussions. 
    "Si les derniers détails peuvent être réglés, nous pensons 
que nous serons en mesure de répondre aux deux principaux 
obstacles à une cessation des hostilités: les violations du 
régime et l'influence grandissante du Front al Nosra", a déclaré 
vendredi John Kerry. 
    Dans le même temps, dans les faubourgs de Damas, 
l'évacuation des derniers rebelles et habitants du quartier de 
Daraya assiégé par les forces de Bachar al Assad depuis 2012 a 
débuté vendredi et devrait se poursuivre samedi à la suite d'un 
accord conclu entre l'armée et les insurgés.   
    Le chef de la diplomatie américaine a jugé vendredi que le 
régime syrien avait "forcé la reddition" de Daraya, violant la 
trêve conclue en février, tandis que le ministre des Affaires 
étrangères russes a décrit l'accord comme un "exemple" qui 
devait être "répliqué". 
    Une autre zone assiégée syrienne pourrait "être intéressée 
par une opération similaire, avec la médiation de la Fédération 
de Russie", a ajouté Sergueï Lavrov, sans la nommer. 
    Plus au Nord, les combats se poursuivent sur le terrain, 
même si l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de 
Mistura, a annoncé jeudi que Moscou avait approuvé le principe 
d'une pause de 48 heures dans les combats à Alep pour permettre 
l'acheminement de l'aide humanitaire. 
     
 
 (avec Lisa Barrington à Beirut, Firas Makdesi et Kinda Makieh à 
Damas; Julie Carriat et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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