Pas d'accord imminent entre la Grèce et ses créanciers

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 (Actualisé avec Lagarde et Schäuble) 
    par Jan Strupczewski et Francesco Guarascio 
    AMSTERDAM, 22 avril (Reuters) - La Grèce et ses créanciers 
ne parviendront pas à conclure vendredi l'accord nécessaire au 
déblocage de nouveaux prêts et à l'ouverture de négociations sur 
l'allégement du fardeau de la dette, en dépit des progrès déjà 
réalisés, ont déclaré vendredi des responsables de la zone euro 
et du Fonds monétaire international. 
    "Ne vous attendez pas à un accord aujourd'hui", a déclaré 
Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe des ministres 
des Finances de la zone euro, avant d'ajouter avoir reçu "de 
bonnes nouvelles en provenance d'Athènes" sur l'avancement des 
discussions. 
    De son côté, la directrice générale du FMI, Christine 
Lagarde, a estimé qu'il y avait "davantage de travail à faire".  
    "Nous sommes déterminés à poursuivre le travail. Nous n'y 
sommes pas encore", a-t-elle dit.  
    Les réformes en discussion sont censées permettre à l'Etat 
grec de dégager un excédent primaire (hors service de la dette) 
de 3,5% de son produit intérieur brut (PIB) en 2018 "et 
au-delà", selon l'accord conclu l'été dernier par Athènes et ses 
bailleurs de fonds internationaux. 
    Mais le gouvernement d'Alexis Tsipras, la zone euro et le 
FMI sont en désaccord sur la capacité des mesures annoncées (qui 
incluent une nouvelle réforme des retraites, la création d'un 
fonds de privatisations et un plan de traitement des créances 
douteuses) à permettre d'atteindre cet objectif.  
    Le FMI plaide en outre pour un allégement du fardeau de la 
dette par le biais d'un allongement des échéances et d'une 
suspension du paiement des intérêts.  
    "La dette est une question dont nous n'avons pas discuté 
jusqu'à présent. La seule promesse que nous ayons faite, c'est 
que si les Grecs s'engageaient et respectaient intégralement le 
programme que nous évoquons, alors nous réfléchirions, si 
nécessaire, à de nouvelles mesures sur la dette", a dit Jeroen 
Dijsselbloem.  
    Christine Lagarde, elle, a réaffirmé juger "d'une importance 
critique" un accord sur la soutenabilité de la dette. Un avis 
que le ministre allemand Wolfgang Schäuble reste loin de 
partager. 
    "Ce n'est pas la priorité", a-t-il dit. "La priorité, c'est 
ce qui a été convenu l'an dernier et doit être mis en oeuvre." 
    Le commissaire européen aux Affaires économiques et 
monétaires, Pierre Moscovici a déclaré de son côté que la Grèce 
et ses créanciers étaient "proches d'un accord". 
    La Commission européenne a annoncé jeudi que la Grèce avait 
dégagé en 2015 un excédent budgétaire primaire supérieur aux 
objectifs fixés par ses créanciers, ce qui a conduit Athènes à 
remettre en question les projections du FMI et les exigences de 
ses créanciers en matière d'austérité.     
 
 (Nicolas Delame et Marc Angrand pour le service français, édité 
par Patrick Vignal) 
 
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