Pas d'accord entre pays producteurs sur la crise de l'acier

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    par Philip Blenkinsop 
    BRUXELLES, 19 avril (Reuters) - La Chine et les autres 
grands pays producteurs d'acier ne sont pas parvenus lundi à 
s'entendre sur des mesures permettant de résoudre la crise 
traversée par ce secteur, faute de consensus sur les causes des 
surcapacités mondiales. 
    A l'issue de cette réunion entre ministres et représentants 
du commerce de plus de 30 pays, organisée par la Belgique et 
l'OCDE, les Etats-Unis ont pointé la Chine du doigt en 
l'invitant à réduire ses capacités de production sous peine de 
sanctions de la part des autres pays. 
    "A moins que la Chine ne commence à prendre en temps voulu 
des mesures concrètes pour réduire son excès de production et de 
capacités dans des industries comme la sidérurgie (...) les 
problèmes structurels fondamentaux du secteur demeureront et les 
gouvernements affectés, dont les Etats-Unis, n'auront d'autres 
choix que des mesures commerciales pour éviter des dommages 
contre leurs industries et leurs travailleurs", déclarent dans 
un communiqué la secrétaire américaine au Commerce, Penny 
Pritzker, et le représentant américain au Commerce, Michael 
Froman. 
    Un porte-parole du ministère chinois du Commerce a répliqué 
mardi que la Chine avait fait "plus qu'assez" pour réduire ses 
capacités de production d'acier. Shen Danyang a jugé que le 
problème principal pour le marché mondial de l'acier résidait 
dans le manque de dynamisme de l'activité et de la demande. 
    L'OCDE estime que les capacités mondiales de production 
d'acier s'élevaient à 2,37 milliards de tonnes en 2015. Avec le 
déclin de la production, seuls 67,5% de ces capacités ont été 
utilisés, contre 70,9% en 2014. 
    Cette situation a des conséquences sociales. 
    Tata Steel, premier producteur de Grande-Bretagne, a annoncé 
son intention de se retirer de ce pays, menaçant 15.000 emplois. 
  
    En Allemagne, plus de 40.000 salariés du secteur 
sidérurgique ont manifesté la semaine dernière contre la Chine, 
accusée de concurrence déloyale.   
     
    SUBVENTIONS 
    Comme d'autres, l'Union européenne, qui estime les 
surcapacités chinoises à 350 millions de tonnes, a infligé des 
droits antidumping à plusieurs sidérurgistes chinois, dont les 
concurrents européens n'affichent plus qu'une production de 170 
millions de tonnes.   
    Dans un éditorial publié lundi, l'agence officielle de 
presse Chine nouvelle a écrit qu'imputer à la Chine la 
responsabilité de la crise mondiale de l'acier n'était qu'une 
excuse paresseuse destinée à mettre en place des mesures 
protectionnistes. 
    La production d'acier chinoise s'est contractée de 3,2% sur 
un an au premier trimestre mais les analystes estiment qu'il 
sera difficile de la réduire davantage. Les exportations 
chinoises ont en revanche bondi de 30% sur un an en mars, à 9,98 
millions de tonnes. 
    "C'est plus leur avantage compétitif par rapport aux pays 
d'Asie qui a vraiment alimenté cette hausse des exportations", 
déclare Daniel Hynes, chargé des matières premières chez ANZ 
Bank. "Je pense que cela continuera et que cela maintiendra ses 
niveaux d'exportations relativement élevés malgré les pressions 
que nous constatons actuellement." 
    Les divisions entre la Chine et les autres pays producteurs 
sont apparues clairement lors les conférences de presse 
organisées après la réunion de lundi. 
    Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce, a 
insisté sur le fait que les Etats ne devraient pas maintenir 
artificiellement en vie à l'aide de subventions des usines non 
rentables mais devraient en revanche soumettre les entreprises 
publiques aux mêmes règles que les sociétés privées. 
    Le ministre adjoint chinois du Commerce a démenti que la 
Chine subventionne ses exportateurs d'acier. Zhang Ji a souligné 
que la Chine avait déjà réduit ses capacités de 90 millions de 
tonnes et qu'elle prévoyait de les réduire encore de 100 à 150 
millions de tonnes. 
    Pour ses détracteurs, la Chine affichera encore une capacité 
d'environ un milliard de tonnes, ce qui est nettement supérieur 
à ses besoins. 
 
 (Avec Eric Beech à Washington, Melanie Burton à Melbourne, Ruby 
Lian à Shanghai et Sue-lin Wong à Pékin; Bertrand Boucey pour le 
service français) 
 
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