Pas d'accord à l'Opep sur un plafonnement de la production

le
0
STATU QUO À VIENNE SUR LA PRODUCTION DE L'OPEP
STATU QUO À VIENNE SUR LA PRODUCTION DE L'OPEP

par Reem Shamseddine, Rania El Gamal et Alex Lawler

VIENNE (Reuters) - Les ministres du Pétrole des pays membres de l'Opep réunis jeudi à Vienne ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un plafonnement de la production mais l'Arabie saoudite a promis de ne pas inonder un marché déjà saturé.

La proposition de Ryad et de ses alliés du Golfe de fixer un nouveau plafond global de production afin de soutenir les prix avait peu de chances d'aboutir en raison de l'opposition de l'Iran, qui entend reprendre sa place sur le marché mondial après la levée de sanctions occidentales à son encontre.

Les cours du pétrole ont amplifié leur recul avec cette absence d'accord, le Brent de la mer du Nord retombant tout près du seuil des 49 dollars le baril.

Les dernières réunions de l'Opep avaient été très tendues en raison de l'opposition frontale entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

Celle de jeudi a été plus feutrée, l'Arabie s'efforçant manifestement de rassurer ceux qui craignaient de voir le premier producteur de l'Opep ouvrir ses robinets en grand en cas d'absence d'accord pour punir ses rivaux et gagner des parts de marché.

"Nous serons très délicats dans notre approche afin de nous assurer de ne pas ébranler les marchés de quelque façon que ce soit", a déclaré le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih, à des journalistes.

"Il n'y a aucune raison de s'attendre à voir l'Arabe saoudite mener une campagne pour inonder le marché", a-t-il ajouté.

L'IRAN VEUT DES QUOTAS PAR PAYS

L'absence d'accord souligne les tensions politiques qui minent l'organisation et aura à moyen terme un effet baissier sur les prix, à déclaré Gary Ross, du cabinet de consultants PIRA.

"Mais ce qui est également important, c'est que les Saoudiens n'ont pas l'intention d'inonder le marché et veulent que les prix remontent", a-t-il ajouté.

L'Opep a longtemps plaidé pour un maintien de sa production à un niveau élevé afin de défendre ses parts de marché mais cette stratégie pèse sur les prix dans un contexte de surabondance de l'offre.

L'Arabie avait dans un premier temps prôné un gel des niveaux de production avant de faire capoter cette initiative au dernier moment en exigeant, au mois d'avril, que l'Iran y participe, ce que Téhéran a refusé.

L'Iran s'oppose à l'idée d'un plafond collectif et veut des quotas adaptés à la situation de chaque pays, autrement dit un système l'autorisant à augmenter sa production pour ramener celle-ci au niveau d'avant les sanctions.

"Sans quotas nationaux, l'Opep ne peut rien contrôler", a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh.

Jusqu'en décembre, l'Opep respectait un plafond de pompages de 30 millions de barils par jour (bpj), fixé en décembre 2011, mais elle produit actuellement environ 32,5 millions de bpj.

Outre la décision de ne pas modifier la politique de production de l'Opep, la réunion de jeudi a permis la nomination à l'unanimité par le cartel d'un nouveau secrétaire général, le Nigérian Mohammed Barkindo.

(Juliette Rouillon et Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Angrand)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant