Pas à pas, avec les migrants

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À Kushadasi, en Turquie, le 28 mai 2013. Fawad court, poursuivi par la police turque prévenue de sa présence par le propriétaire d'un champ.
À Kushadasi, en Turquie, le 28 mai 2013. Fawad court, poursuivi par la police turque prévenue de sa présence par le propriétaire d'un champ.

Au commencement, c'est un projet fou et un peu ingrat. Un sujet qui n'intéressera sans doute pas la grande presse. Suivre pendant plus de six mois, de Paris à Kaboul, le long chemin de ceux qui veulent gagner le Vieux Continent, ce n'est pas très « vendeur ». Avec la confiance de leur éditeur, Olivier Jobard (et son appareil photo) et Claire Billet (stylo en main) vont pourtant suivre sur 12 000 kilomètres le voyage clandestin d'un groupe de migrants, traverser 6 frontières et partager leur quotidien chaotique.

Au fil des pages, on fait route avec Luqman, 22 ans, qui fuit ses montagnes et son village d'Afghanistan pour échapper à une improbable vendetta. En cheminant avec lui, on découvre aussi le destin de Jawid, Rohani, Fawad et Khyber. Les négociations avec les passeurs cupides, mais incontournables pour franchir les postes-frontière sans (trop) de dégâts. Les deux journalistes racontent comment on rencontre un passeur à qui on donne toute sa fortune, celle de sa famille et tous ses espoirs, comment se cacher, la peur, l'épuisement, les doutes et les petites joies d'un si long voyage.

On traverse la Méditerranée (les deux auteurs se sont embarqués avec Luqman et ses compagnons). On est spectateur de leurs dialogues, livrés sans artifices. On apprend la solidarité aussi entre ces « voyageurs » (c'est comme cela qu'ils s'appellent entre eux) qui petit à petit, en se rapprochant de leur rêve découvrent l'Occident. Ses lumières et...

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