Parlement: feu vert à l'action extérieure des Outre-mer

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Le Parlement a définitivement adopté mercredi une proposition de loi qui facilite les actions extérieures des Outre-mer, en particulier en matière économique, le Sénat ayant voté dans les mêmes termes que l'Assemblée une proposition de loi en ce sens.

Les députés avaient adopté, également à l'unanimité, le 24 mars cette proposition de loi du député de Martinique Serge Letchimy (DVG).

"Ce texte concrétise un changement d'approche majeur et une avancée essentielle pour les Outre-mer", s'est félicitée la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts.

"Grâce à ses collectivités d'outre-mer, la France a la chance de pouvoir rayonner dans toutes les régions du monde", a-t-elle poursuivi. "Ces territoires démultiplient son influence et la coopération régionale rompt avec une logique contre-productive".

Elle a aussi estimé qu'"une nouvelle génération de jeunes Ultramarins, ouverts sur leur environnement proche, pourra émerger".

"Ce texte est une étape importante pour les Outre-mer qui vont pouvoir plus directement organiser et réguler leur coopération avec les territoires avoisinants", a jugé Félix Desplan (PS, Guadeloupe). "Chacune des collectivités de la Caraïbe, du plateau guyanais ou de l'océan Indien pourra désormais coopérer avec un bassin élargi de voisinage, sa grande frontière", a-t-il lancé.

"Vitrines avancées de la France, les outre-mer doivent être encore plus acteurs de leur développement, sortir de leur dépendance envers la métropole et l'Union européenne pour accéder de plain-pied au marché de 300 millions d'habitants de la grande Caraïbe", a plaidé Guillaume Arnell (RDSE, à majorité PRG, Saint-Martin).

Avec ce texte, "les outre-mer couperont le cordon économique avec la métropole, en achetant plus près, au bénéfice du pouvoir d'achat des habitants et du bilan carbone", a lancé Gélita Hoarau (Communiste, républicain et citoyen, La Réunion) qui vient de remplacer Paul Vergès disparu ce mois-ci.

Corinne Bouchoux (Écologiste, Maine-et-Loire) a souligné que "les collectivités d'outre-mer sont de fait aux avant-postes de la diplomatie française dans leur zone géographique". "Certains dirigeants de ces collectivités ont parfois rempli ce rôle avec panache", a-t-elle ajouté en saluant la mémoire de Paul Vergès qui, "président du Conseil régional de la Réunion, était reçu par les pays africains voisins".

La proposition de loi autorise toute collectivité territoriale à conclure une convention pour les besoins d'une coopération territoriale ou régionale avec un État étranger. Elle étend le champ géographique de la coopération régionale que peuvent mener les collectivités d'outre-mer.

Elle permet aux régions de Guadeloupe et de La Réunion, au département de Mayotte ainsi qu'aux collectivités territoriales de Guyane et de Martinique, à adhérer à une banque régionale de développement ou à une institution de financement dont la France est membre.

Elle ouvre aussi la possibilité aux présidents de conseil départemental ou régional d'outre-mer, ou à celui de l'assemblée de Guyane ou du conseil exécutif de Martinique de présenter un programme-cadre définissant la politique de coopération régionale qu'il entendrait mener au cours de son mandat.

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