Park Geun-hye donnée en tête de la présidentielle sud-coréenne

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PARK GEUN-HYE DONNÉE GAGNANTE DE LA PRÉSIDENTIELLE SUD-CORÉENNE
PARK GEUN-HYE DONNÉE GAGNANTE DE LA PRÉSIDENTIELLE SUD-CORÉENNE

par Somang Yang et Ju-min Park

SEOUL (Reuters) - Park Geun-hye, la candidate conservatrice à la présidence de la Corée du Sud, était donnée en tête mercredi avec 50,1% des voix, à l'issue d'un scrutin à un tour, par des sondages effectués à la sortie des urnes par trois diffuseurs.

Les estimations donnaient cependant 48,9% à Moon Jae-in, son principal adversaire, classé au centre-gauche, ce qui peut encore laisser envisager un retournement, étant donné la marge d'erreur relativement importante.

Même si des résultats plus précis sont attendus pour 23 heures locales (14h00 GMT), les partisans de Park Geun-hye, rassemblés dans la capitale Seoul, ont accueilli avec des cris de joie les premières estimations.

Si la victoire de Park Geun-hye, âgée de 60 ans, était confirmée, la fille de l'ancien président Park Chung-hee serait la première femme à accéder à la tête de l'Etat, pour un mandat non renouvelable de cinq ans.

Les opposants de Park Geun-hye soulignent toutefois que la candidate du Parti de la nouvelle frontière, majoritaire au parlement n'a jamais été mariée et n'a pas d'enfants, pour contrer l'argument féministe.

Park Geun-hye a été acclamée par ses partisans en arrivant à son bureau de vote. Elle a exhorté ses compatriotes à "ouvrir une nouvelle ère".

"Je lui fais confiance ; elle va sauver notre pays", a déclaré Park Hye-sook, une électrice de Park Geun-hye - sans lien de parenté - après s'être rendue aux urnes.

Les Sud-Coréens ont bravé le froid mercredi pour départager les deux principaux candidats, au coude à coude dans les sondages.

"CHANGER LE MONDE"

Plus de 40 millions d'électeurs étaient appelés à voter et la participation a été élevée, ce que les politologues estimaient plutôt comme un avantage pour Moon Jae-in.

Déposant son bulletin dans l'urne à Busan, dans le sud du pays, Moon Jae-in a affirmé que les Sud-Coréens avaient l'occasion de "changer le monde avec leur vote" après cinq années de présidence conservatrice de Lee Myung-bak.

En dépit des débats toujours vifs sur l'exercice du pouvoir par Park Chung-hee, le père de Park Geun-hye, qui a dirigé autoritairement le pays entre 1961 et 1979, la campagne électorale a surtout tourné autour des questions économiques.

Malgré son développement - elle est désormais le 29e pays le plus riche du monde en terme de revenu par habitant - et la puissance de certaines de ses entreprises sur la scène internationale, telles Samsung ou Hyundai, la Corée du Sud est en proie à un creusement des inégalités.

Aux yeux de la plupart des électeurs, cette question est bien plus importante que la menace représentée par la Corée du Nord, avec qui Park Geun-hye a affirmé son intention de négocier à condition qu'elle abandonne son programme nucléaire militaire.

Les deux Corées sont toujours officiellement en guerre, n'ayant signé qu'un armistice à la suite du conflit qui a duré de 1950 à 1953, et Kim Il-sung, grand-père de Kim Jong-un, l'actuel dirigeant nord-coréen, a ordonné dans les années 1960 et 1970 plusieurs tentatives d'assassinat contre le père de Park Geun-hye, alors président, dont l'une a provoqué la mort de sa mère en 1974.

Jean-Stéphane Brosse, Bertrand Boucey et Julien Dury pour le service français

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