Paris, Vienne, Prague, Bratislava proches sur le travail détaché

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    SALZBOURG, 23 août (Reuters) - Le chancelier autrichien a 
fait état mercredi d'un accord entre son pays, la France, la 
République tchèque et la Slovaquie pour obtenir en octobre une 
révision de la directive sur le travail détaché avec des 
critères s'approchant des demandes françaises. 
    "Au conseil européen d'octobre, nous voudrions obtenir une 
solution, un compromis", a dit Christian Kern lors d'une 
conférence de presse avec le président français, Emmanuel 
Macron, et les Premiers ministres tchèque et slovaque, Bohuslav 
Sobotka et Robert Fico, après une rencontre à Salzbourg.  
    "Il y aura trois points essentiels à résoudre. Tout d'abord 
une durée raisonnable du détachement de longue durée : ça doit 
être moins que les 24 mois qu'on a proposés au début." 
    "Nous sommes tous convaincus que le principe du même salaire 
pour le même travail doit être respecté" et prêts à accroître la 
collaboration en matière de contrôle des fraudes, a ajouté le 
chancelier. 
    Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a promis de tout 
faire, avec la République tchèque, "pour que l'ensemble du 
groupe de Visegrad se joigne" à leurs positions". 
    Les deux autres membres du groupe, Pologne et Hongrie, sont 
réticents à durcir les règles du travail détaché. 
    Emmanuel Macron, qui a commencé une tournée de trois jours 
pour rallier Tchèques, Slovaques, Roumains et Bulgares à sa 
volonté de mettre fin à la "trahison" que constitue selon lui le 
fonctionnement actuel du travail détaché, a salué la "bonne 
volonté" de la République tchèque et de la Slovaquie. 
    "Je suis satisfait des échanges d'aujourd'hui avec les 
avancées très concrètes sur le travail détaché", a-t-il dit. 
"Nous sommes d'accord sur (les principaux) points, il nous reste 
à affiner les paramètres dans les semaines à venir pour trouver 
un compromis intelligent en octobre." 
    Emmanuel Macron rencontrera jeudi à Bucarest le président et 
le Premier ministre roumains, Klaus Werner Iohannis et Mihai 
Tudose, et s'envolera dans la soirée pour Varna (Bulgarie), où 
il s'entretiendra vendredi avec le président et le Premier 
ministre, Roumen Radev et Boïko Borissov.  
    La France a rejeté en juin le projet de révision de la 
directive car il n'allait, selon elle, pas assez loin. 
    Paris souhaite limiter la durée du travail détaché à 12 
mois, contre deux ans prévu aujourd'hui, et prendre toute les 
périodes de travail détaché en compte dans ce calcul. 
    La France veut aussi s'assurer que les travailleurs détachés 
perçoivent tous les éléments de rémunération obligatoires dans 
le pays d'accueil. Elle souhaite en outre renforcer la lutte 
contre la fraude et les abus, avec des sanctions effectives.   
 
 (Jean-Baptiste Vey à Paris, avec François Murphy à Salzbourg, 
édité par Emmanuel Jarry) 
 
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