Paris veut une réponse ferme sur les armes chimiques en Syrie

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    PARIS, 25 août (Reuters) - Le Conseil de sécurité de l'Onu 
doit apporter une réponse ferme à l'enquête établissant la 
responsabilité de l'armée syrienne dans deux attaques chimiques 
en Syrie en 2014 et 2015, a déclaré jeudi le chef de la 
diplomatie française.  
    "L'utilisation d'armes chimiques, que les autorités 
syriennes s'étaient engagées à proscrire (...), est une 
abomination qui met en lumière le rôle accablant joué par le 
régime de Damas dans la détérioration continue de la situation 
en Syrie", dit Jean-Marc Ayrault dans un communiqué. 
    "Elle appelle une réaction à la hauteur de sa gravité", 
ajoute-t-il. "En conséquence, il appartient au Conseil de 
sécurité de prendre ses responsabilités. La France y travaille 
d'ores et déjà avec ses partenaires." 
    Selon une enquête de l'Onu et l'Organisation pour 
l'interdiction des armes chimiques (OIAC) consultée par Reuters, 
des hélicoptères de l'armée syrienne ont effectué deux attaques 
au chlore le 21 avril 2014 et le 16 mars 2015  .  
    Les enquêteurs estiment également disposer de suffisamment 
d'éléments pour conclure que les djihadistes de l'Etat islamique 
ont utilisé du gaz moutarde au soufre à Marea, dans la province 
d'Alep, le 21 août 2015. 
    Le rapport devrait diviser les membres permanents du Conseil 
de sécurité de l'Onu, entre la Chine et la Russie d'un côté et 
les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne de l'autre, sur 
d'éventuelles sanctions à adopter contre Damas. 
    Selon des sources diplomatiques françaises, Paris va 
utiliser les conclusions du rapport pour tenter de convaincre 
Moscou d'user de son influence auprès de son allié syrien afin 
d'obtenir un cessez-le-feu durable.  
    "On va se servir du rapport sur les armes chimiques pour 
convaincre les uns et les autres (...) et sortir les Russes de 
leur ambiguïté", explique un haut diplomate français. "Si les 
Russes votent contre, ils seront obligés de justifier 
l'utilisation de l'arme chimique." 
    Les quinze membres du Conseil de sécurité devraient discuter 
la semaine prochaine du rapport, qui sera rendu public dans la 
foulée, selon le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon.  
 
 (Marine Pennetier et John Irish, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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  • charleco il y a 4 mois

    Cet article de Reuters est inacceptable : il est reconnu que ce sont les islamistes qui ont utilisé les gaz en Syrie. Des témoignages ont fait l'objet de vidéos dans réseau international, notamment celui d'une religieuse chrétienne.