Paris veut des garanties pour ses soldats en Afghanistan

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LES SOLDATS FRANÇAIS EN AFGHANISTAN
LES SOLDATS FRANÇAIS EN AFGHANISTAN

PARIS (Reuters) - Paris veut des garanties sur la sécurité de ses forces en Afghanistan afin d'éviter un retrait accéléré de son contingent avant la date butoir de 2014.

Ces questions de sécurité, devenues primordiales après la mort de quatre soldats français tués vendredi par un taliban infiltré au sein de l'armée afghane, seront abordées avec le président afghan Hamid Karzaï, qui est attendu le 27 janvier à Paris pour signer un traité de coopération.

"Le président Karzaï viendra en France bientôt, nous ne transigerons pas sur la sécurité de nos soldats", a dit Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, dimanche sur radio J.

"Le président de la République l'a dit, si cette sécurité n'est pas assurée, notamment dans leur travail de formation des troupes afghanes, la question se posera d'un retrait accéléré", a ajouté la ministre du Budget.

Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi la suspension des opérations d'appui à l'armée afghane et n'a pas exclu un retrait anticipé du contingent français.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait toutefois exprimé dès vendredi son scepticisme sur la probabilité d'un retrait avancé des Français. "Je n'ai aucune raison de penser que la France ne va pas continuer à prendre part au processus délicat de transition en cours", a-t-elle dit.

Dans un communiqué, le Quai d'Orsay a indiqué dimanche que le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, avait informé Hillary Clinton samedi soir par téléphone des décisions prises par Nicolas Sarkozy.

Il a confirmé que le chef de l'Etat "tirera toutes les conséquences" de l'attentat perpétré vendredi "au vu du rapport" que lui remettra le ministre de la Défense Gérard Longuet à l'issue de sa visite en Afghanistan.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, a réitéré sa volonté de retirer les forces françaises d'Afghanistan au plus tard à la fin de l'année 2012.

"Au moins, soyons calmes et rationnels dans les décisions que nous allons prendre et ne prenons pas des décisions uniquement dictées par l'émotion", a déclaré pour sa part, dimanche, sur Canal +, le candidat centriste François Bayrou.

UN TALIBAN INFILTRÉ

Le soldat afghan qui a tué vendredi quatre militaires français en Afghanistan était un taliban "manifestement infiltré depuis longtemps" dans les rangs de l'armée afghane, a déclaré Gérard Longuet.

"Les hommes qui ont été tirés à vue vivaient au contact de l'armée afghane. Cette confiance qu'ils établissent, ils en ont été victimes", a dit le ministre de la Défense dimanche sur France info.

Le ministre est depuis samedi en Afghanistan pour examiner les circonstances de la mort des quatre militaires français dans l'est de l'Afghanistan et évaluer les conditions de sécurité du contingent.

Les taliban ont affirmé avoir recruté le tireur, un militaire afghan appréhendé après avoir ouvert le feu sur les soldats français lors d'une séance de footing, vendredi matin, sur la base de Gwam, dans la province de Kapisa.

L'attaque, qui a également fait une quinzaine de blessés, dont huit graves, porte à 82 le nombre de militaires français tués en Afghanistan depuis 2001, dont 26 l'an dernier.

Gérard Longuet a précisé que le tueur, âgé de 21 ans, est un ancien soldat de l'armée afghane qui a déserté et est probablement passé ensuite au Pakistan, avant de s'engager à nouveau dans les rangs de l'ANA.

Il a confirmé qu'il rendrait un rapport au chef de l'Etat, qui décidera d'un maintien du calendrier ou d'un éventuel retrait anticipé des troupes françaises.

Pressés de retirer leurs troupes, les Occidentaux ont formé à marche forcée des dizaines de milliers de soldats et de policiers afghans.

Or, ce sont des militaires français chargés de cette formation qui ont été pris pour cibles par un taliban infiltré. Cette formation par les troupes françaises se trouve désormais suspendue.

La France compte actuellement quelque 3.600 militaires en Afghanistan, dont le retrait doit pour l'instant s'étaler jusqu'en 2014, date à laquelle les autorités afghanes devront assumer la pleine responsabilité de la sécurité dans le pays.

Gérard Bon

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  • denisam1 le dimanche 22 jan 2012 à 14:08

    AH bon un seul infiltré ou plutôt tous chacal coupé de hyène près tout contre les soldats français et + ....