Paris veut des garanties américaines sur le commerce avec l'Iran

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PARIS, 10 novembre (Reuters) - Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a demandé mardi au gouvernement des Etats-Unis de garantir que les entreprises françaises ne risquent pas de subir les foudres de la justice américaine lorsqu'elles commerceront avec l'Iran après la levée des sanctions qui frappent ce pays. La levée des sanctions qui étouffent l'économie iranienne depuis près de dix ans devrait intervenir après le 15 décembre, date de la remise du rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le respect des obligations prises par Téhéran concernant son programme nucléaire. Attendue de longue date par des investisseurs attirés par les perspectives offertes par un marché iranien prometteur, cette mesure a été assortie d'un "snap back", un rétablissement automatique des sanctions si Téhéran ne tient pas parole, de quoi refroidir l'enthousiasme des banques. Les entreprises et banques françaises qui souhaitent réinvestir en Iran veulent toutefois obtenir des assurances un an après l'amende infligée à BNP Paribas BNPP.PA . Conformément au Foreign Corrupt Practices Act, Washington a un droit de regard sur les transactions réalisées en dollars même si elles sont menées par une entité non américaine. Certaines sanctions américaines devant rester en vigueur, Paris, Berlin et Londres ont engagé une démarche auprès des Etats-Unis pour éviter que les entreprises européennes reprenant pied en Iran connaissent la même mésaventure que BNP Paribas. Laurent Fabius a déclaré mardi à l'Assemblée nationale avoir obtenu des garanties en ce sens du secrétaire d'Etat américain John Kerry, avant de terminer les négociations sur l'Iran. "Depuis (la signature de l'accord-NDLR), deux missions se sont rendues aux Etats-Unis avec des représentants de la France, de l'Allemagne et la Grande-Bretagne", a-t-il dit. "L'attitude des Américains est coopérative mais maintenant nous voulons des traductions concrètes pour qu'il n'arrive pas ce qui est arrivé." Avec 80 millions d'habitants, majoritairement jeunes, le marché iranien attire les convoitises. La France, qui avait une position confortable avant l'instauration des sanctions, doit désormais composer avec la Chine et les Etats-Unis et la concurrence s'annonce rude. A Paris, on évoque des "perspectives économiques importantes" tout en refusant de parler d'eldorado économique. La France et l'Iran signeront plusieurs accords, dont un dans le domaine du transport aérien, lors de la visite du président Hassan Rohani le 17 novembre à Paris, a annoncé mardi la présidence française. ID:nL8N1354MJ (John Irish, avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)


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