Paris suspend sa participation aux préparatifs du G8

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PARIS SUSPEND SA PATICIPATION AUX PRÉPARATIFS DU G8 DE SOTCHI
PARIS SUSPEND SA PATICIPATION AUX PRÉPARATIFS DU G8 DE SOTCHI

PARIS (Reuters) - La France a décidé dimanche de suspendre sa participation aux réunions préparatoires du sommet de G8 prévu en juin à Sotchi, en Russie, jusqu'à ce que Moscou respecte de nouveau ses obligations découlant du droit international, sur fond d'une possible intervention russe en Ukraine.

Le parlement russe a approuvé samedi le recours aux forces armées en Crimée, république autonome ukrainienne, "jusqu'à la normalisation de la situation socio-politique dans ce pays", et ce vote a suscité l'inquiétude et les critiques de la communauté internationale.

"Les décisions qui ont été prises par nos partenaires russes sont contraires aux principes du G7 et du G8", a estimé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius dans l'émission "Le Grand Rendez-Vous" Europe 1-i>TELE-Le Monde.

"La position de la France c'est de souhaiter que soit suspendue la préparation du G8 de Sotchi tant que les partenaires russes ne sont pas revenus à des principes conformes au G8 et au G7."

Une source élyséenne a confirmé un peu plus tard que la France avait suspendu sa participation aux réunions préparatoires du G8.

Cette position rejoint celle exprimée samedi par la Maison blanche qui a indiqué que les États-Unis allaient suspendre "leur participation aux rencontres préparatoires du sommet du G8", prévu en juin.

Selon un haut responsable américain, Barack Obama et les dirigeants européens envisageraient de ne pas se rendre au sommet si la Russie intervenait militairement en Ukraine. Peu de temps après Paris, Londres a annoncé dimanche qu'elle allait suspendre sa participation aux préparatifs du sommet du G8, dont les membres sont la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, l?Allemagne, le Japon, l?Italie et le Canada.

MÉDIATION

Invitée de l'émission "Tous Politiques" (Le Parisien-France 24-France Inter), Marine Le Pen a jugé les menaces brandies par l'Occident "inadaptées" à la situation. "Il faut éviter les menaces (...) au contraire, il faut tenter de mettre tout le monde autour de la table pour éviter une escalade", a déclaré la présidente du FN.

Au lendemain du feu vert donné par le parlement russe à une possible intervention en Ukraine, la France a également souhaité la mise en place d'une médiation dans les plus brefs délais.

"Nous souhaitons que dans les meilleurs délais intervienne une médiation, une négociation soit directement, ce serait la meilleure solution, entre les Russes et les Ukrainiens, soit par l'intermédiaire des Nations Unies ou de l'OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe)", a dit Laurent Fabius.

Le chef de la diplomatie française avait participé avec ses homologues polonais et allemand à la médiation de l'Union européenne menée fin février à Kiev pour tenter de trouver une sortie de crise en Ukraine après la répression meurtrière des manifestations antigouvernementales entamées en novembre.

Signé le 21 février, l'accord conclu entre les chefs de l'opposition et le président pro-Russe Viktor Ianoukovitch, destitué le 22 février, prévoit une élection présidentielle anticipée, une révision de la Constitution et la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Huit jours plus tard, les tensions n'ont cessé de s'accroître, notamment en Crimée, qui appartient depuis 1954 à l'Ukraine mais qui est majoritairement peuplée de Russes.

"Ce qu'il faut, c'est aller vers la désescalade et la désescalade n'est possible que si d'une part toute une série de pays prennent une position ferme et nette et d'autre part si nos partenaires russes comprennent (...) que s'ils continuent tout cela aura un coût", a souligné Laurent Fabius, condamnant "l'escalade militaire russe."

(Marine Pennetier, avec Julien Ponthus, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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