Paris sous le choc

le , mis à jour à 17:29
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LA FRANCE TOUCHÉE PAR LES PIRES ATTENTATS DE SON HISTOIRE
LA FRANCE TOUCHÉE PAR LES PIRES ATTENTATS DE SON HISTOIRE

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - "Tristesse", "choc" et "horreur" : les mêmes mots revenaient samedi dans la bouche des Parisiens et des touristes au lendemain des attaques quasi simultanées qui ont fait au moins 127 morts dans la capitale française et sa banlieue.

L'atmosphère dans les rues de la capitale tranchait avec l'effervescence tranquille des samedis ordinaires à l'approche des fêtes de fin d'année.

Des artères commerçantes, comme la rue de Rivoli ou le boulevard Haussmann, étaient inhabituellement désertes et les abords des lieux de certaines attaques, en particulier la salle de spectacle du Bataclan, étaient encore bouclés par la police.

Vendredi soir, des assaillants ont pris pour cible des restaurants proches du Stade de France, au nord de Paris, d'autres en plein coeur de la ville, puis le Bataclan où le bilan est particulièrement lourd.

Moins d'un an après les attaques contre Charlie Hebdo et un commerce de produits casher, la plupart des passants rencontrés ne cachaient pas leur hébétude.

"Pour l'instant, il y a de l'étonnement, beaucoup d'étonnement", dit Régine, une psychologue à la retraite de 64 ans, qui vit à deux pas du Bataclan.

"C'était impressionnant, il y avait des policiers armés qui couraient partout dans les rues. Les gens ne savaient plus quoi faire, marcher ou courir", raconte-t-elle.

Antoine, 36 ans, vit lui aussi dans un quartier proche du lieu des attaques et, comme Régine, il s'est rendu sur place, rue Bichat, dans le dixième arrondissement, puis près du Bataclan, quelques centaines de mètres plus loin.

"PRIS POUR CIBLE"

"Je me sens directement visé. Je vais dans ces bars-là, j'assiste à ces concerts-là, j'ai l'impression d'être pris pour cible et je me demande ce que j'ai fait pour mériter ça", déplore-t-il.

Il dit être allé "des milliers de fois" au Bataclan et ne compte pas annuler les deux concerts auxquels il a prévu de se rendre ces prochains jours, dont l'un à Bercy lundi - à moins qu'ils ne soient annulés d'ici là.

A l'angle des rues Bichat et Alibert, près de la place de la République, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées dans la matinée devant le Petit Cambodge et le Carillon, deux établissements visés par des tirs à l'arme automatique.

Dans une ambiance d'obsèques et sous un ciel gris, certains passants ont posé des fleurs, laissé un message écrit ou allumé des bougies au pied des rideaux de fer baissés. Quelques-uns pleuraient.

On pouvait encore voir des taches de sang séché sur le trottoir, jusqu'à ce qu'une équipe d'agents de la mairie de Paris vienne les nettoyer en milieu de journée sous l'objectif de caméras de chaînes du monde entier.

"Je ne vais plus marcher dans les rues avec la même insouciance, au moins pendant quelques semaines", dit une jeune femme qui préfère rester anonyme.

Vendredi soir, des policiers armés ont donné l'ordre à son groupe d'amis, attablé dans un café du onzième arrondissement, de se retrancher à l'intérieur et, sous le coup de l'émotion, elle n'a pas dormi de la nuit.

"Ce matin, je n'ai pas emprunté mon itinéraire habituel. J'ai préféré passer par les grands axes, au cas où", explique-t-elle.

PROCHES INQUIETS

Ils étaient également plusieurs dizaines en milieu de journée sur la place de la République, coeur des manifestations qui ont suivi les attentats de janvier mais où les manifestations sont interdites pour des raisons de sécurité.

Sur le piédestal du monument à la République, au centre de l'esplanade, a été dépliée une banderole "J'être humain", une référence au slogan "Je suis Charlie" qui a fleuri après les attaques djihadistes de janvier.

Vendredi soir, Parisiens et touristes ont reçu de nombreux messages et des appels de proches inquiets à la vue des images qui tournaient en boucle à la télévision.

Les familles de Noemie et Sam, deux Anglais de 19 et 20 ans à Paris pour quelques jours, les ont appelés pour leur demander d'éviter de sortir, mais le jeune couple a bravé les consignes parentales pour visiter Notre-Dame, sur l'Île de la Cité.

"Il y a beaucoup de forces de sécurité tout autour", juge Noemie.

Au milieu des touristes réunis sur le parvis de la cathédrale, des soldats en uniforme patrouillaient, armes à la main.

Dans l'ensemble de la ville, on pouvait voir ici ou là plus de gyrophares que d'ordinaire.

De nombreux commerces ont baissé leurs rideaux, y compris les grands magasins du boulevard Haussmann - Galeries Lafayette et Printemps -, dans le neuvième arrondissement et les curieux étaient beaucoup plus rares que d'habitude devant les vitrines de Noël.

"On ne veut pas que vous viviez ça. On est solidaire", dit l'un d'eux, Tom, un Américain de 44 ans.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • S816520 le samedi 14 nov 2015 à 18:25

    Et que fait on des 15 a 20000 kalashnikof qui circulent sous le manteau en France ? on continue de faire comme si de rien ? messieurs nos gouvernants ?

  • bsdm le samedi 14 nov 2015 à 17:43

    La grece confirme que le passeport syrien retrouvé appartient bien à un migrant enregistré en grèce

  • bsdm le samedi 14 nov 2015 à 17:39

    Wauquiez et estrosi demande la détention provisoire des quelques 4000 personnes avec une fiche S des renseignements