Paris se prépare pour l'inéluctable crue du siècle

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    * Les autorités veulent préparer Paris à une crue centennale 
    * Les dégâts seraient considérables 
    * Une telle crue coûterait 30 milliards d'euros, selon 
l'OCDE 
 
    par Gérard Bon 
    PARIS, 6 mars (Reuters) - Les Parisiens seront plongés à 
partir de lundi dans les affres d'une crue majeure de la Seine 
dans le cadre d'un exercice de gestion de crise financé en 
partie par l'Union européenne, avec la participation d'autres 
pays de l'UE. 
    L'objectif est d'alerter les Franciliens sur une crue 
centennale que les experts jugent quasiment inéluctable et qui 
pourrait, selon l'OCDE, coûter 30 milliards d'euros. 
    L'exercice "Sequana 2016" auquel sont associés 87 
partenaires - communes, entreprises ou services de l'Etat - 
s'étalera sur près de quinze jours, la première partie simulant 
une montée des eaux et la deuxième un retour à la normale. 
    "Ce type de scénario de crise constitue aujourd'hui le 
risque majeur que la région sera un jour amenée à connaître", a 
déclaré à la presse le préfet de police de Paris, Michel Cadot.  
    La région parisienne héberge un tiers de l'activité 
économique française et toutes les administrations centrales y 
sont implantées. 
    "Une crue majeure à Paris pourrait directement ou 
indirectement toucher près de 5 millions d'habitants et un grand 
nombre d'activités, avec des répercussions considérables sur les 
plans humain, économique et social", a ajouté Michel Cadot. 
    Plus d'un million de personnes seront privées d'électricité 
lorsque l'événement surviendra. Cette crue pourrait entraîner 
une interruption du fonctionnement des institutions, comme des 
infrastructures et activités d'importance vitale. 
     
    UN CRUE DÉPASSANT LE NIVEAU DE 1910 
    Le scénario de l'exercice prévoit l'arrivée d'un front froid 
stationnaire sur le nord de la France au début du mois de 
février 2016. Cet épisode de froid est immédiatement suivi de 
précipitations accentuées sur l'ensemble de l'Île-de-France. 
   Les débits de la Seine, de la Marne et de l'Yonne augmentent 
de manière continue fin février et début mars 2016. Les niveaux 
de la Seine et de la Marne montent à un rythme quotidien de 50 
cm. Les prévisionnistes confirment la tendance à l'aggravation 
pour la période du 7 au 12 mars 2016 avec une crue majeure 
dépassant le niveau atteint en 1910. 
    L'infiltration des eaux dans les sous-sols franciliens 
endommagerait toutes les infrastructures enterrées, tous les 
réseaux souterrains. On observerait alors des effets "domino" 
comme l'effondrement des réseaux électrique et téléphonique, 
ainsi que l'arrêt du chauffage urbain, de l'approvisionnement en 
eau potable et des transports. 
   La France, qui déclencherait des moyens nationaux hors norme, 
ferait également appel au mécanisme européen de protection 
civile, permettant en 48 heures de demander et d'obtenir des 
renforts humains et logistiques de pays européens. 
    Durant l'exercice, le 10 mars, ce mécanisme d'entraide 
entraînera l'arrivée d'hommes et de matériels en provenance de 
Belgique, d'Espagne, d'Italie et de République Tchèque. 
    Les premiers jours, l'exercice donnera essentiellement lieu 
à des simulations. Mais le week-end des 12 et 13 mars, six 
exercices se dérouleront sur le terrain tandis qu'un site 
d'information grand public sera installé sur le Champ-de-Mars. 
    L'autre raison de l'exercice vise à appliquer la directive 
européenne inondation, qui a fixé en novembre 2013 des règles à 
la suite des inondations à Prague et à Londres. 
    La région Ile-de-France a pris des mesures visant à 
rehausser des digues et créer des bassins d'orage pour réduire 
le risque de rejet de pollution et améliorer l'entretien des 
cours d'eau. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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