Paris-Roubaix: un Cancellara contrarié reste fort

le
0
FABIAN CANCELLARA, GRAND FAVORI DE PARIS-ROUBAIX
FABIAN CANCELLARA, GRAND FAVORI DE PARIS-ROUBAIX

par Gilles Le Roc'h

PARIS (Reuters) - Fabian Cancellara sera le grand favori de Paris-Roubaix, dimanche, et c'est avec un mélange de crainte, de défi ou de résignation que ses adversaires verront le Suisse chasser une troisième victoire.

Les chroniqueurs déplorent qu'une nouvelle fois les deux meilleurs coureurs sur pavés, Tom Boonen et Fabian Cancellara, ne s'opposent pas dans cette finale des classiques flandriennes, l'un et l'autre jouant de malchance à tour de rôle.

En 2012, le Suisse s'était fracturé la clavicule dans le Tour des Flandres et avait raté l'Enfer du nord. Cette année, Tom Boonen est tombé au début de Tour des Flandres, dimanche dernier. Il manquera à l'appel et jure qu'il n'allumera pas sa télé dans 48 heures.

Et personne n'oublie qu'en 2011, à force de se marquer, les deux champions avaient fait le jeu d'une échappée au long cours et de la victoire de Johan Van Summeren.

Cette année, après avoir vu Cancellara écraser ses adversaires dans le Grand Prix E3 et le Tour des Flandres gagnés en solitaire à neuf jours d'intervalle, il y aurait de quoi être résigné pour tous ceux qui aimeraient le défier.

Au moment d'établir un pronostic un seul nom apparait, le sien.

Tous les autres, en l'absence de Peter Sagan qui fait l'impasse, savent qu'il leur faudrait le petit coup de pouce du destin pour lever les bras dimanche sur la piste du vélodrome de Roubaix. Et peut-être davantage encore en cette année où aucune équipe ne semble capable de verrouiller les débats.

Puisqu'il pourrait s'agir d'un combat pied à pied, entre hommes forts, qui pourrait contrarier le Suisse ?

Sylvain Chavanel a fait de la classique nordiste son objectif printanier mais il s'est loupé la semaine dernière dans les monts flandriens, ne profitant pas de la liberté laissée par la chute de Boonen.

Son équipe, Omega Pharma-Quick Step, trouvera-t-elle l'envie de soutenir le Français comme elle l'aurait fait pour Boonen ?

PLUIE, MALCHANCE, CHUTE...

Sur le papier, l'équipe BMC avec Thor Hushovd, Marcus Burghardt, Daniel Oss, Taylor Phinney et Greg Van Avermaet est impressionnante, mais qu'a-t-elle fait de son effectif depuis le début des classiques ?

Le Team Sky, au prix d'une préparation sur tableau noir et se détournant des courses préparatoires, est mièvre depuis le début de la campagne belge, à l'image de Boasson Hagen de nouveau à côté de son sujet mais Bernhard Eisel a de la fierté et sait se sublimer.

Enfin, au rang des belles oppositions collectives, l'équipe FDJ a pris l'habitude de rouler devant et peut avec Mathieu Ladagnous, Yoann Offredo ou le jeune Arnaud Démare croire à l'exploit.

Ensuite, il faudra s'en remettre à des individualités, tels Johan Van Summeren, Lars Boom, Sébastien Turgot, deuxième l'an dernier, Jürgen Roelandts, Sebastian Langeveld, Juan-Antonio Flecha, Filippo Pozzato et Heinrich Haussler (IAM).

De solides guerriers mais rien qui puisse impressionner "Spartacus" Cancellara.

Le Suisse doit certes redouter la pluie, mais Météo France ne l'annonce pas dans le Nord dimanche, et la malchance.

Et s'il est superstitieux, il devra penser à l'adage "jamais deux sans trois...".

Alors qu'il se concentrait avec optimisme sur Paris-Roubaix, il a chuté dans le Grand Prix de l'Escaut mercredi et s'est fait mal à une hanche. Il est de nouveau tombé jeudi pendant la reconnaissance des pavés, de nouveau sur la hanche et c'est en boitant qu'il a rejoint son hôtel en fin de journée.

S'il a récupéré, il reprendra son récital habituel. Les premiers secteurs pavés lui permettront de se mettre en jambes, celui de Wallers-Aremberg à 100 km de l'arrivée de faire se dévoiler les hommes forts.

Ensuite, en fonction de ses sensations, du vent qui sera légèrement contraire, il disposera de plusieurs options pour profiter de certains secteurs pavés classés 5 étoiles, pour s'isoler en tête de course, celui de Mons en Pévèle ou bien le mythique Carrefour de l'Arbre.

Un tout autre scénario constituerait une surprise.

Edité par Jean-Paul Couret

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant