Paris-Roubaix: Tom Boonen s'impose pour la 4e fois

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TOM BOONEN REMPORTE SON QUATRIÈME PARIS-ROUBAIX
TOM BOONEN REMPORTE SON QUATRIÈME PARIS-ROUBAIX

par Gilles Le Roc'h

ROUBAIX, Nord (Reuters) - Auteur d'une envolée solitaire de 57 kilomètres pour devancer de 1'39" le Français Sébastien Turgot et l'Italien Alessandro Ballan, Tom Boonen a choisi dimanche la manière pour gagner une quatrième fois Paris-Roubaix et rejoindre dans la légende Roger De Vlaeminck.

Déjà vainqueur sur les pavés du Nord en 2005, 2008 et 2009, Tom Boonen a en effet égalé le record de victoires dans cette course détenu depuis les années 1970 par son compatriote belge, que l'on surnommait à l'époque "Monsieur Paris-Roubaix".

"Il n'y avait rien à faire." Pas un coureur, à l'arrivée, n'a apporté un commentaire différent de celui-ci après le triomphe de Tom Boonen, qui domine le peloton depuis trois mois, comme au temps de sa splendeur quand il accumulait les victoires à une cadence folle.

Le succès de Boonen, construit dans la logique des démonstrations faites dans les classiques belges depuis trois semaines mais qui n'était pas vraiment inscrit dans le marbre à 100 kilomètres de l'arrivée, est à ranger au nombre des exploits

inoubliables des champions qui ont marqué leur temps.

Au départ de Compiègne, le visage fermé et déjà très concentré, Tom Boonen ne pouvait rien cacher de sa motivation et, déjà, donnait le signe à tous que son équipe jouerait sa carte, la sienne seulement, sauf circonstances exceptionnelles.

Il n'y en eut pas pour lui, passant cette année à côté des chutes et des crevaisons, contrairement à 2011, quand il fut éliminé dès la tranchée de Wallers-Aremberg.

Son équipe Omega Pharma-Quick Step avait d'ailleurs été vigilante en plaçant l'un des siens, le jeune Guillaume Van Keirsbulck, dans l'échappée de douze coureurs déclenchée au 67e kilomètre et comprenant notamment les Français David Boucher et Laurent Mangel.

La BMC, pour préserver les intérêts de son leader Alessandro Ballan, troisième du dernier Tour des Flandres, a beaucoup travaillé pour limiter l'écart à quatre minutes et ce sont les chutes qui ont, comme souvent, opéré la sélection.

Notamment celle survenue à 110 kilomètres de Roubaix, qui a définitivement écarté de la tête le Français Frédéric Guesdon.

Le peloton s'est alors scindé en deux, piégeant l'Italien Filippo Pozzato, qui a vécu une sale journée puisqu'il fut victime ensuite d'une chute.

"C'ÉTAIT UN PARI FOU"

A ce moment-là, la course a connu une heure de douce folie avec un peloton ne cessant de se fractionner au rythme des secteurs pavés, plus encore dans celui de Wallers-Aremberg, qui a sonné le glas des échappés.

Aussitôt, les Français Mathieu Ladagnous, Jimmy Casper et Sébastien Turgot ont attiré Ballan et Juan-Antonio Flecha dans un coup qui paraissait jouable.

Tom Boonen comprit à cet instant qu'il devait sortir de sa réserve. Il a d'abord demandé à Gert Steegmans de maîtriser les attaquants. Puis il vit Sylvain Chavanel tenter sa chance en compagnie une nouvelle fois de Ladagnous et Turgot mais le champion de France a été rapidement rappelé à l'ordre via l'oreillette. Il s'est relevé et est rentré dans le rang.

Il restait exactement 57 kilomètres pour rallier Roubaix et c'est le moment choisi par Boonen pour déjouer tous les plans, sortir du peloton en compagnie de son équipier Nikki Terpstra, qui n'a tenu que deux kilomètres dans le sillage de son leader.

A l'arrière il y avait 14 coureurs dont quatre du Team Sky qui n'ont jamais organisé la poursuite en plaçant un seul homme pour rouler derrière le Belge.

Tous les autres, esseulés, sont restés sur la réserve et c'est ainsi que les kilomètres ont défilé sans que jamais Boonen ne soit inquiété, sans que ses adversaires ne semblent en mesure de revenir.

Il y avait un champion parti pour devenir le co-recordman des victoires dans Paris-Roubaix et être le seul à signer un doublé Flandres-Roubaix pour la deuxième fois.

"C'était un pari fou", a admis le champion belge à l'issue de la course.

"Mais il y a des jours comme celui-là, où il faut le faire. J'étais sans doute dans l'une des meilleures journées de ma carrière et j'en ai profité pour gagner mon quatrième Paris-Roubaix en y mettant la manière."

Derrière lui, il y avait une poignée d'hommes reconnaissant tout simplement leur défaite et courant pour la deuxième place. Elle est revenue au Français Sébastien Turgot, qui a devancé sur le fil Alessandro Ballan.

Aucun Français n'était monté sur le podium depuis la victoire de Frédéric Guesdon en 1997.

Edité par Olivier Guillemain

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