Paris-Roubaix: Sébastien Turgot, un "Flandrien" d'avenir

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SÉBASTIEN TURGOT, UN "FLANDRIEN" D'AVENIR
SÉBASTIEN TURGOT, UN "FLANDRIEN" D'AVENIR

par Gilles Le Roc'h

ROUBAIX, Nord (Reuters) - Un Français n'était plus monté sur le podium d'un Paris-Roubaix depuis la victoire en 1997 de Frédéric Guesdon mais dimanche, Sébastien Turgot a rompu ce signe indien en s'adjugeant la deuxième place de la classique nordiste, au terme d'une course dans laquelle il a fait preuve de caractère.

Le coureur de Limoges adore ces courses d'un autre âge mais jamais, en dépit de qualités évidentes pour rouler sur les pavés, il n'avait été en mesure de se mesurer au gratin des coureurs de classiques.

A Compiègne, il était bien décidé à empoigner le destin et il a tenu parole.

"J'avais de très bonnes sensations et à 60 kilomètres de l'arrivée, j'ai décidé d'attaquer. Il y avait Chavanel, ça n'a pas marché mais je me suis accroché", a-t-il expliqué à l'issue de la course.

Derrière l'intouchable Tom Boonen, Sébastien Turgot a en effet serré les dents pour garder le contact avec le groupe de 14 coureurs formant le peloton, notamment sur le secteur pavé de Mons-en-Pévèle, où il fut momentanément décroché.

A cet instant de la course, il était envisageable qu'un Français joue le podium mais le pronostic désignait surtout le Palois Mathieu Ladagnous.

Surtout quand à 22 kilomètres du vélodrome, il s'est intégré à un groupe comprenant trois bêtes à rouler, Alessandro Ballan, Lars Boom et Juan-Antonio Flecha. Coup du sort, Ladagnous a été victime d'une crevaison après avoir commis l'erreur de rouler sur le bas-côté pierreux.

"J'étais super bien, j'avais les jambes pour la deuxième place et il m'a manqué 100 mètres. Les 100 mètres me séparant de la fin du secteur pavé. Sans cette crevaison. Je suis très déçu", a-t-il reconnu.

Relégué dans un troisième groupe, Ladagnous a vu passer Turgot en compagnie de Terpstra et le mérite du coureur d'Europcar a été de ne jamais baisser les bras.

"Sous la flamme rouge, explique Turgot, on a aperçu le groupe Flecha. Nous sommes revenus sur lui en pénétrant dans le vélodrome. J'ai fait un peu de piste, ça m'a aidé pour le sprint. Je ne réalise pas du tout que je viens de finir deuxième de Paris-Roubaix."

A presque 28 ans (il les fêtera mercredi, NDLR) Turgot a, en une journée, bâti son plan de carrière. "Cela donne le moral, dit-il en souriant, je vais beaucoup travailler et pas seulement pour Paris-Roubaix. Pour toutes les classiques flandriennes !"

Edité par Olivier Guillemain

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