Paris-Roubaix: l'incroyable combat de Fabian Cancellara

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L'INCROYABLE COMBAT DE FABIAN CANCELLARA
L'INCROYABLE COMBAT DE FABIAN CANCELLARA

par Gilles Le Roc'h

ROUBAIX, Nord (Reuters) - Sitôt la ligne d'arrivée franchie, comme s'il ne pouvait donner un coup de pédale de plus, Fabian Cancellara a coupé son effort et s'est laissé allé, les bras levés, avant de s'allonger dans l'herbe du vélodrome de Roubaix.

Le Suisse, yeux ouverts, a attendu que des forces lui reviennent pour monter sur le podium et recevoir son trophée, un troisième pavé posé sur un socle après ceux conquis en 2006 et 2010.

A la première question posée, Cancellara s'est livré à un long monologue et sa fatigue s'entendait dans les mots qu'il peinait à trouver.

"Tout m'est passé par la tête au gré des situations difficiles qui se sont présentées à moi, tout au long de la journée. J'ai rapidement été isolé et j'ai vie compris que ce serait la guerre. Tout le monde était contre moi", a résumé le quadruple champion du monde du contre-la-montre.

"Je ne sais pas comment j'ai fait, comment j'ai pu m'en sortir et ça rend la victoire plus belle encore. Gagner, c'était le but mais je ne pensais pas que ce serait aussi dur. Ça ne s'est pas joué à l'instinct, ce fut juste un combat. Je suis allé au-delà de mes limites."

En dépit des deux chutes qui avaient terni sa semaine de préparation, le Suisse était plutôt confiant avant le départ et assez tranquille dans la première phase reliant Compiègne et le premier secteur pavé de Troisvilles.

"HISTORIQUE"

"Je sentais que mon équipe était plus forte que l'an dernier. On savait que ce serait une bagarre mais nous avons eu de la malchance et je me suis retrouvé isolé dans le final. Il y avait beaucoup d'attaques, il fallait beaucoup réfléchir parce que je ne pouvais pas rouler derrière tout le monde", a-t-il expliqué.

"Je pense avoir bien géré la situation. Je suis extrêmement fatigué et il va me falloir du temps pour réaliser. Mes deux premiers succès dans Paris-Roubaix étaient beaux mais celui-ci est historique."

D'autant qu'il y eut pour finir ce tête à tête avec Sep Vanmarcke dont il redoutait la pointe de vitesse.

"Nous avons discuté et il m'a dit qu'il collaborerait seulement après l'avant-dernier secteur pavé. Je lui ai dit que ce n'était pas possible", a encore raconté le Suisse.

"Je le savais un peu plus rapide que moi mais je m'interdisais de perdre, en dépit de crampes. C'est un coureur qui aura sa chance un jour, c'est évident. Moi, je peux dire que depuis Milan-San Remo, j'ai beaucoup donné. J'ai besoin de récupérer (...)

"Pour l'avenir, on verra plus tard!"

Son avenir immédiat pourrait être le Tour d'Italie, plutôt que le Tour de France dénué d'un prologue dont il est le maître absolu depuis longtemps.

C'est aussi la négociation d'un nouveau contrat qui devrait lier Cancellara avec une équipe suisse, c'est son souhait. Soit celle immatriculée aux Etats-Unis et financée par son compatriote Andy Rihs qui lui a déjà fait des offres mirobolantes par le passé, soit la toute nouvelle IAM cycling, celle-ci 100% suisse.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Henri-Pierre André

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