Paris-Roubaix: des nerfs d'acier, clé du succès de Cancellara

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FABIAN CANCELLARA REMPORTE SON TROISIÈME PARIS-ROUBAIX
FABIAN CANCELLARA REMPORTE SON TROISIÈME PARIS-ROUBAIX

par Gilles Le Roc'h

ROUBAIX, Nord (Reuters) - Vainqueur du Tour des Flandres il y a une semaine, le Suisse Fabian Cancellara a fait appel à sa force physique mais plus encore à ses qualités mentales pour s'imposer une troisième fois dimanche dans Paris-Roubaix.

Au terme d'un sprint dont il n'était pas le favori, le coureur de RadioShack, déjà vainqueur sur le vélodrome de Roubaix en 2006 et 2010, a devancé le Belge Sep Vanmarcke (Blanco), dernier coureur à l'accompagner dans les quinze derniers kilomètres.

Rendue difficile par la vitesse du peloton depuis le départ de Compiègne, par la nature du parcours et ses 52,6 kilomètres de pavés, la course de Fabian Cancellara, grandissime favori en l'absence du Belge Tom Boonen, tenant du titre, a été du premier secteur pavé jusqu'à la ligne d'arrivée un questionnement permanent.

Mais face à des adversaires qui avaient imaginé à raison que leur salut viendrait d'une course agressive et de leur capacité à isoler le Suisse de ses équipiers, le quadruple champion du monde du contre-la-montre, âgé de 32 ans, a su résister.

Perceptible dès la fameuse trouée d'Arenberg, à 100 km de l'arrivée, la stratégie de ses rivaux s'est confirmée dans le secteur de Mons-en-Pévèle, où Cancellara n'a pu s'en remettre qu'à lui-même.

A l'amorce du premier secteur pavé, aucune échappée matinale ne s'était faite durablement jour et il s'agissait alors, pour toutes les équipes, de protéger leur leader.

Les équipiers de Cancellara furent mis à contribution lorsque Taylor Phinney (BMC), Bernhard Eisel et Edvald Boasson Hagen (Team Sky) provoquaient une échappée de 13 coureurs.

Une menace suffisamment sérieuse pour décider la RadioShack à boucher le trou. Un effort fatal à Stijn Devolder, qui avait pourtant été désigné pour être le dernier "bodyguard" de Cancellara en fin de course.

Puis ce fut au tour de Gert Steegmans (Omega Pharma-Quick Step), de l'ancien vainqueur Stuart O'Grady (Orica-Greenedge), du colosse Matthew Hayman (Team Sky) et de l'étonnant Clément Koretzky (Bretagne-Séché) d'ouvrir la route jusqu'à la trouée d'Arenberg.

STRATÉGIQUE

Derrière, les principaux adversaires de Cancellara semblaient attendre son action, son assaut et sa prise de pouvoir. A 56 kilomètres de l'arrivée, le Suisse fut à l'origine de la première sélection des 15 hommes les plus forts, groupe dans lequel l'équipe Omega Pharma-Quick Step était en surnombre avec Sylvain Chavanel, Niki Terpstra, Stijn Vandenbergh et Zdenek Stybar.

La formation belge fut à l'origine des principaux mouvements de la dernière heure mais perdit la tête, chacun de ses membres décidant de jouer une carte personnelle au point que personne ne trouva bon de ralentir ou même d'attendre Chavanel, condamné par un changement de vélo et fou furieux de vivre ce qu'il pouvait ressentir comme une trahison.

A 40 kilomètres de l'arrivée, Cancellara était noté dans un troisième groupe, à 45 secondes de Damien Gaudin (Europcar), Sebastian Langeveld (Orica-Greenedge), Vandenberg et Van Marcke. Le Suisse savait alors ne pouvoir compter sur le soutien d'aucun de ceux qui voyaient pourtant la course se déliter.

Il entrait en action à 23 kilomètres du vélodrome, profitant du secteur pavé reliant Bourghelles à Wannehain, pour revenir sur les derniers hommes de tête.

La drôle de course des francs-tireurs d'Omega Pharma-Quick Step s'achevait elle sur le secteur du Carrefour de l'Arbre, où Vandenbergh et Stybar étaient victimes d'une chute.

La victoire ne pouvait dès lors plus échapper à Cancellara ou à Vanmarcke, réputé plus rapide au sprint depuis sa victoire sur Tom Boonen dans le Circuit Het Nieuwsblad en 2012.

C'est sans doute la raison pour laquelle Cancellara l'a attaqué, vainement, à 4 kilomètres de l'arrivée.

C'est aussi pourquoi le Suisse a nettement freiné à l'entrée du vélodrome pour ne plus occuper la tête. A l'entame du dernier virage, le Belge a pris l'avantage mais dans un dernier sursaut Cancellara l'a remonté dans les 100 derniers mètres et franchi la ligne en tête, bras levés.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Henri-Pierre André

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