Paris renonce pour l'instant à livrer un Mistral à Moscou

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* Hollande avait toujours dit que le contrat serait honoré * Les "actions" de Moscou l'ont incité à changer de position * "Ce n'est pas une tragédie", affirme Moscou * La pression sur Paris aurait été maximale au sommet de l'Otan (Actualisé avec précision de source diplomatique française) PARIS, 3 septembre (Reuters) - La France a annoncé mercredi qu'elle renonçait pour l'instant à livrer un premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie en raison de ses "actions" en Ukraine, à la veille d'un sommet de l'Otan où elle aurait été mise sous pression sur ce dossier. Le premier des deux Bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral devait être livré en octobre et 400 marins russes se forment depuis le 30 juin à sa manoeuvre dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). "Les actions menées récemment par la Russie dans l'est de l'Ukraine contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe", peut-on lire dans un communiqué de la présidence. "Le président de la République a constaté que, malgré la perspective d'un cessez-le-feu qui reste à confirmer et à être mis en oeuvre, les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC ne sont pas à ce jour réunies." A Moscou, le vice-ministre russe de la Défense Iouri Borissov a déclaré à l'agence de presse Itar-Tass que la décision française ne constituait pas une "tragédie". "Même si, bien sûr, cela est déplaisant et ne fait qu'ajouter à certaines tensions dans nos relations avec nos partenaires français, l'annulation de ces contrats ne sera pas une tragédie pour la modernisation (de notre armée)", a-t-il assuré. François Hollande avait toujours dit jusqu'à présent que le contrat serait honoré, malgré la pression des Etats-Unis, du Royaume-Uni et des anciens satellites de l'URSS, même si la livraison du deuxième BPC, prévue en 2015, dépendra, avait-il dit, de "l'attitude" de Moscou. ID:nL5N0QQ1NF Le président français avait souligné que les sanctions européennes prises contre la Russie ne visaient que les contrats futurs et, mardi encore, des diplomates français assuraient que la livraison du premier Mistral irait de l'avant. L'OPPOSITION SOUTENAIT LA LIVRAISON L'opposition soutenait la détermination de l'Elysée, soulignant que d'autres contrats, comme celui pour la livraison éventuelle d'avions de chasse Rafale à l'Inde, seraient menacés si l'on donnait le signal que la France n'honore pas sa parole. Mais la proximité du sommet de l'Otan, jeudi et vendredi à Newport (Pays de Galles), où la réponse à ce que les alliés qualifient d'intervention directe de la Russie en Ukraine sera au centre des discussions, a visiblement incité François Hollande à changer de pied sur ce dossier. "La France a entendu la pression de la communauté international", a déclaré un diplomate français. Un haut responsable de l'Otan s'est félicité de la "bonne décision" prise par la France, soulignant que la Russie avait agi de telle manière qu'elle était devenue inévitable. "C'est clairement une décision prise parce qu'en dépit de toutes les tentatives des alliés pour encourager la Russie à prendre la voie de la désescalade, elle a suivi le chemin inverse, de l'escalade, de la déstabilisation et, clairement, le gouvernement français a estimé que la livraison n'était pas possible", a-t-il déclaré aux journalistes à Newport. Un renoncement à la livraison des deux navires, pour un montant d'1,2 milliard d'euros, obligerait la France à dédommager Moscou et tendrait les relations avec la France. Il s'agit aussi d'une mauvaise nouvelle pour les chantiers navals STX 071970.KS de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), où la commande d'un "ferry écologique" passée en janvier dernier par Brittany Ferries vient d'être "suspendue" faute de financements, selon les syndicats. ID:nL5N0R42Q1 Les chantiers navals construisent les deux navires pour le compte de DCNS et de la Direction générale de l'armement (DGA). A la fois navire-amphibie, poste de commandement et hôpital embarqué, le Vladivostok - construit à Saint-Nazaire et à Saint-Pétersbourg - dont la livraison était imminente, peut transporter jusqu'à 16 hélicoptères et déployer à terre 450 soldats et des "forces mécanisées", selon STX. Un deuxième BPC baptisé Sébastopol, du nom de la ville de Crimée où est basée la flotte russe de la mer Noire, doit être livré fin 2015 à la Russie. La commande comprenait également une option pour deux autres navires du même type, mais elle n'a pas été levée à ce jour. (Elizabeth Pineau, Yves Clarisse et Guy Kerivel, avec Alissa de Carbonnel à Moscou et Adrian Croft à Newport, édité par Yves Clarisse)

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  • bgador le jeudi 4 sept 2014 à 06:59

    comment voulez vous que dans les prochains echanges internationnaux on fasse confiance a cette girouette de france un contrat est un contrat et on le respecte un point c'est tout

  • M1084720 le mercredi 3 sept 2014 à 20:16

    SI après une telle volte face, l'Inde nous achète encore les Rafale, ils ne savent pas ce qu'ils risquent en croyant à la parole de la France.