Paris: remonte vraiment très fort, vu le contexte dégradé.

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(CercleFinance.com) - Un rebond dans le sillage de Wall Street était attendu ce jeudi, mais alors qu'un gain de +1,4% était anticipé, Paris engrange le double en séance (+2,8% à 4.268Pts) et finit non loin des 'plus hauts du jour' à 4.248Pts, sur une envolée de +2,25% qui efface les -2% perdus la veille.

C'est carrément bluffant... surtout après un plongeon de -6,4% de Shanghai et de -7,3% de Shenzhen ce matin même (et -1,5% à Hong Kong).

Qui aurait imaginé hier à 16H30, alors que le CAC40 s'enfonçait sous 4.120Pts, revoir l'indice 150Pts plus haut moins de 24 heures plus tard ?

Mais un écart de +2,8% à la hausse ce jeudi n'apparaîtrait pas si singulier si le marché avait été euphorisé par une annonce spectaculaire d'un banquier central, par un accord surprise sur la réduction des quotas pétroliers, par un espoir de solution pour la Grèce (alors que la banque centrale grecque qualifié aujourd'hui même la situation de 'critique').

Côté pétrole, le baril rechute de -2,5 à 31,35$ sur le NYMEX, côté FED, James Bullard tente de convaincre que lui et ses collègues n'ont pas calendrier de hausse de taux comme en 2006/2007 et qu'il serait 'avisé' de patienter jusqu'à ce que les conditions économiques s'améliorent.

C'est peut-être ce qui est en train d'arriver puisque les commandes de biens durables ont grimpé de +4,9% (au lieu de +3% anticipé après la forte baisse de -4,6% en décembre).

Une performance qui semble de bon augure pour les perspectives industrielles américaines. Le Département du Commerce a ainsi fait état d'une hausse soutenue des commandes aéronautiques et même hors défense, la hausse atteint +3,9%... et +1,8% hors 'transport'.

Petit bémol avec les chiffres hebdomadaires du chômage: le Département américain du Travail a recensé 272.000 nouveaux inscrits lors de la semaine close le 20 février, soit 10.000 de plus qu'au précédent pointage (chiffre non révisé).

A Wall Street, la tendance est indécise et les indices US qui affichaient des scores homogènes en début de séance partent dans tous les sens: le Dow Jones engrange +0,45%, le 'S&P' +0,25% à 1.935 mais le Nasdaq et le Russel-2000 cèdent -0,1%.

Quel contraste avec l'Euro-Stoxx50 (+2,2% à 2.875Pts), aussi euphorique qu'il apparaissait déprimé la veille.

Les indices sont tirés vers le haut par les valeurs bancaires. Société Générale (+3,3%) et BNP Paribas (+4%) figurent en effet parmi les meilleurs performers du CAC 40 après les bons résultats du britannique Lloyds Banking Group (+9%).

Du côté des indicateurs, le taux d'inflation annuel de la zone euro s'est établi à 0,3% en janvier 2016, contre 0,2% en décembre 2015. Eurostat a donc révisé en baisse son estimation pour janvier par rapport à +0,4% annoncé initialement.

S'agissant des valeurs non financières, Airbus domine le CAC40 avec +4,5% ,devant Engie +4,3%... mais ils restent loin derrière Technip qui flambe en effet de 12,1%, alors que les chiffres sont ressortis en ligne avec les attentes (le chiffre d'affaire ne se replie que de -15% alors que pour d'autres fournisseurs de l'industrie pétrolière, la chute est parfois de plus du double).

Le groupe a relevé son objectif d'économies à 1 milliard d'euros, contre 830 millions originellement, et a maintenu un dividende de 2 euros par action.

A noter par ailleurs que Bernstein a dans une note réitéré son opinion 'performance en ligne' et salué l'adoption d'un discours volontariste par l'équipe de management du groupe parapétrolier.

Les résultats de Bureau Veritas (+3,3%), marqués par une hausse de près de 30 millions d'euros du bénéfice net ajusté part du groupe à 420,3 millions, et assortis d'un objectif de marge opérationnelle entre 16,5 et 17% en 2016, sont également bien accueillis.

Même constat concernant ceux d'Axa (+1%), qui a fait état ce matin d'un bénéfice opérationnel record, d'une hausse de 3% de son bénéfice net à 5,6 milliards d'euros et a annoncé un dividende de 1,1 euro par action, en hausse de 16% par rapport à celui versé au titre de 2014.

Elis (+3,7%) surperforme également le marché à la faveur d'un relèvement de Société Générale de 'conserver' à 'achat'. Le broker, qui a aussi rehaussé son objectif de cours de 15,7 à 17,9 euros, a notamment invoqué 'des perspectives légèrement plus favorables et une nouvelle usine dédiée aux hôtels'.

Volée de bois vert en revanche pour Zodiac Aerospace, qui s'effondre de 25% vers 14,5E au lendemain d'un nouveau profit warning, 3 mois seulement après la fixation des guidances. Le groupe a fait savoir qu'il ne serait pas à même d'atteindre son objectif d'une marge opérationnelle courante (MOC) de l'ordre de 10% cette année, les efforts de restructuration doivent également être prolongés au-delà des anticipations. Le titre a fondu de près de 53% en l'espace d'un an.

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