Paris refuse l'extradition d'un activiste franco-russe vers Moscou

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PARIS, 4 novembre(Reuters) - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a refusé mercredi l'extradition du militant franco-russe des droits de l'Homme Nicolaï Koblyakov vers la Russie, a annoncé son avocate, Me Kamalia Mehtiyeva. Nicolaï Koblyakov est poursuivi en Russie depuis qu'il a créé l'ONG Russie-Libertés et organisé des manifestations anti-Poutine en 2012. La cour d'appel a considéré que la requête des autorités russes "était fondée sur des faits qui ont été rattachés de façon artificielle à M. Koblyakov", a dit Kamalia Mehtiyeva à Reuters. La cour, qui a levé le contrôle judiciaire de Nicolaï Koblyakov, "a dit que le dossier était définitivement fermé" et que le militant "ne risquait plus rien sur le territoire français", a-t-elle ajouté. L'ACAT, ONG contre la torture et le peine de mort, et Amnesty International France (AIF) s'étaient opposées à l'extradition du militant, craignant qu'il ne soit emprisonné sans procès équitable et qu'il subisse des mauvais traitements. Les associations soulignaient que la répression croissante en Russie visait en premier lieu les personnes ouvertement critiques au pouvoir et que les faits reprochés au militant étaient parfaitement flous. En juillet 2014, Nicolaï Koblyakov avait été arrêté en Bulgarie à la suite d'une notice rouge transmise par Interpol. Celle-ci faisait suite à un mandat d'arrêt lancé par la Russie pour des faits allégués de "fraude". La justice bulgare avait finalement refusé son extradition, estimant insuffisantes les informations fournies par la Russie. Mais le 11 juin 2015, Nicolaï Koblyakov avait été interpellé par la police à son domicile en France pour des motifs identiques. (Gérard Bon, édité par Sophie Louet)

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