Paris-province : le grand écart des prix

le
0

Selon une étude de l'Insee, publiée ce jeudi 14 avril, les prix pratiqués en région parisienne sont supérieurs de près de 9% à ceux affichés en province. Les causes principales : le logement, certes, mais aussi les dépenses de santé et de loisirs.

Si la France affiche des prix à la consommation plus élevés qu'en moyenne en Europe (+7,3%), elle se distingue également par l'hétérogénéité des prix sur son propre territoire. Dans une étude publiée ce jeudi 14 avril, l'Insee lève le voile sur ces écarts étonnants en s'attardant dans un premier temps sur les différences de prix observables entre l'agglomération parisienne et la province (hors Corse). Et pour cause, la capitale pratique des prix à la consommation en moyenne 8,8% supérieurs à ceux du reste du territoire sur la base d'un panier moyen établi par l'Insee.

Sans surprise, les dépenses globales relatives au logement (loyer, ordures ménagères, entretien, etc.) demeurent le poste de dépenses qui affiche l'écart de prix le plus important entre Paris et le reste de la France métropolitaine (+24,7%). Une différence essentiellement dûe au prix des loyers qui est en moyenne supérieur de 48,9% à Paris. Si l'on retire les loyers proprement dit, l'écart des prix liés au logement s'établit à 6,1%. Ce ne sont en revanche ni les les tarifs d'électricité et ni ceux du gaz qui contribuent à cet écart restant, puisqu'ils sont uniformes sur la métropole, mais plutôt les services liés au logement «qu'il s'agisse de la gestion des ordures ménagères, des services d'assainissement, du petit entretien ou de la réparation du logement», note l'Insee.

Des prix plus élevés à Paris qu'en province, dans tous les secteurs

D'autres écarts de prix, certes moins considérables mais tout aussi parlants, sont mis en avant dans l'étude. Sur le plan de la santé notamment, les Parisiens font face à des prix 6,5% supérieurs à ceux pratiqués en province, essentiellement en raison de dépassements d'honoraires plus fréquents.

»» À lire aussi: Soins dentaires: des prix du simple au double d'un département à l'autre

Les tarifs liés aux loisirs et à la culture en agglomération parisienne sont également plus élevés de 6,6%. Enfin, première destination touristique mondiale oblige, la région parisienne affiche des prix 18% supérieurs à la province pour ce qui concerne les hôtels et autres hébergements.

S'agissant de l'alimentation, de la restauration, des transports, des meubles ou des vêtements, les écarts de prix entre la région parisienne et la province subsistent, même s'ils restent moins importants. A titre d'exemple, les cafés et restaurants de la capitale sont en moyenne plus chers de 5,4% - avec certes de fortes variations suivant les quartiers - tandis que les prix des boissons alcoolisées et du tabac, fixés uniformément sur le territoire, sont sensiblement les mêmes (+0,5%). A noter que le prix des transports en commun est également plus élevé de 6,9% à Paris: «le métro parisien offre, par exemple, une densité du maillage et une fréquence du service supérieures à ce que l'on trouve dans les grandes villes de provinces, ce qui pourrait justifier son prix» suppose l'étude.

De manière générale, de tels écarts de prix peuvent s'expliquer par des modes de vie et des habitudes de consommation qui diffèrent en fonction de l'environnement de l'individu (urbanisation, accès aux transports…). De fait, le budget de consommation d'un ménage provincial tout juste arrivé à Paris augmenterait de 9,2% tout en gardant le même mode de vie tandis qu'à l'inverse, celui d'un ménage parisien installé en province diminuerait de 7,8% sans changer ses habitudes pour autant.

L'alimentaire beaucoup plus cher dans les DOM

Les écarts de prix entre la métropole et les départements d'outre-mer (DOM) sont également élevés. Mais cette fois, ce sont les DOM qui pratiquent des prix supérieurs. De 12,5 % de plus en Guadeloupe, 12,3 % en Martinique, 11,6 % en Guyane, et 7,1 % à La Réunion, indique la note. C'est l'alimentation qui concentre le plus fort contraste de prix entre la métropole et les DOM. En Martinique, on paye 38% de plus qu'en métropole, en Guyane 34%, en Guadeloupe 33% et à La Réunion 28%. Dans les DOM, se soigner coûte également beaucoup plus cher qu'en métropole: médecin, médicaments, matériel technique. «On parle ici de prix bruts avant remboursement par la sécurité sociale et les complémentaires santé», précise l'Insee. Les communications (téléphonie, Internet, envois postaux) pâtissent aussi des écarts de prix. Les habitants d'outre-mer n'ont pas bénéficié comme en métropole des offres de forfait «low cost» et de la baisse généralisée des forfaits qui a suivi. En ce qui concerne le prix des loyers et les services liés (électricité, gaz, eau), les prix sont très disparates dans les différents DOM. On ne peut donc pas faire de généralités.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant