Paris prêt à coordonner une force régionale contre Boko Haram

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par John Irish DAKAR, 16 décembre (Reuters) - La France est prête à contribuer à la coordination d'une force militaire régionale en Afrique de l'Ouest afin de lutter contre les islamistes de Boko Haram au Nigeria, a indiqué mardi le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian en visite à Dakar. Les membres du groupe fondamentaliste, qui occupent une grande partie du nord-est du Nigeria, ont étendu au cours des derniers mois leurs activités aux pays voisins, dont le Niger au Nord et le Cameroun à l'Est. Cette contagion inquiète en particulier le Tchad, puissance régionale, qui redoute de se voir entraîner dans le conflit longtemps resté interne. "La situation dans le nord du Nigeria et dans le nord du Cameroun est très préoccupante", a commenté Jean-Yves Le Drian qui participe à un forum sur la sécurité à Dakar. "Les actions de violence déployées par Boko Haram sont graves et porteuses de risques pour toute la zone", a-t-il ajouté. "Les quatre pays frontaliers (du Nigeria) ont fait valoir leur intention de mobiliser des unités militaires pour combattre Boko Haram", a poursuivi le ministre. "S'ils ont besoin de soutien organisationnel, d'ingénierie, de commandement et d'inter-opérabilité, c'est ce que la France leur propose dans le cadre du comité de liaison." La France compte un peu plus de 5.000 soldats déployés au Mali et en République centrafricaine et a intérêt à empêcher une détérioration de la situation au Nigeria. Lors d'une réunion consacrée à la sécurité régionale en mai à Paris, l'engagement avait été pris d'améliorer la coopération entre les Etats de la région. Dans les faits, la collaboration avec les autorités nigérianes ne s'est pas traduite par des mesures tangibles. Jean-Yves Le Drian a indiqué que la France, qui exclut d'intervenir au Nigeria, a proposé la mise à disposition de dizaines de conseillers militaires affectés au centre de commandement régional installé à N'Djaména, la capitale du Tchad distante d'une soixantaine de kilomètres de la frontière nigériane. Paris va contribuer à la mise sur pied d'une force conjointe de 2.800 hommes pour contenir l'expansion de Boko Haram. Les Etats de la région s'étaient engagés en juillet à la création de ce contingent qui reste pour l'instant à l'état de projet. Interrogé sur le peu de coopération montrée jusqu'à présent par les uns et par les autres, Jean-Yves Le Drian a répondu: "Tout le monde se méfie de tout le monde et il faut essayer de dépasser ça". (Pierre Sérisier pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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