Paris: prend +2,4% avec NFP, WStreet à peine 0,25%: étrange?

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(CercleFinance.com) - Wall Street finira-t'il en hausse, ce n'est même pas une certitude: à mi-séance, les indices ne grappillent plus que 0,2 à +0,24%.

Comment le CAC40 parvient-il à progresser 6 fois plus vite que les indices US à 17H30 et 10 fois plus vite à présent.

D'autant que le prétexte, ce sont de 'bons chiffres' de l'emploi américains qui devraient donc euphoriser Wall Street.

Et si les acheteurs sont si 'enthousiastes', comment les volumes peuvent-ils ressortir à Paris inférieurs à ceux de la veille (3MdsE), alors que le CAC avait fini à zéro jeudi (+0,03% avec 3,15MdsE).

Oui, le CAC40 est passé de +1,5% alors que le S&P500 grappillait +0,5% et il a accéléré à +2,5% (+100Pts à 4.548) avec des indices US réduisant leur avance à tout juste +0,4%.

C'est magique: moins de volumes que la veille mais Paris affiche sa plus forte hausse depuis début juillet (le 8)... et personne pour juger la situation 'singulière'.

Voilà une séance d'arrachage des cours à coup d'algos -façon panique à la hausse- dans les règles de l'art !

Les chiffres de l'emploi sont ils bons ou mauvais, personne n'en sait rien fondamentalement.

Mais heureusement, les indices pensent à la place des opérateurs (principe de la queue qui remue le chien): les cours grimpent donc c'est bon... et même si ça ne l'est pas, il n'y a pas d'autre alternative que de suivre aveuglément le mouvement, pour ne pas rester seul sur le quai si le TGV de la hausse était en train de prendre son grand départ.

L'absence de volumes et la hausse dans le vide proviennent de ce qu'il n'y a plus aucun vendeur dans le marché (ne serais-ce que pour 'hedger' les excès) depuis l'été 2012.

Il n'y a plus personne pour contester une hausse -même absurde- décrétée par les banques centrales.

L'Euro-Stoxx50 se joint à l'euphorie générale avec +2,05% pour se hisser au-delà des 3.080Pts (pour un gain hebdo de +2,2% intégralement réalisée ce vendredi).

Ce coup de boutoir a probablement été soigneusement préparé et déclenché le jour où il y avait une 'actualité'... afin que le mouvement n'apparaisse pas trop artificiel et déconnecté de toute réalité.

Les opérateurs semblent saluer le soudain éloignement du risque de hausse par la FED fin septembre mais John Hatzius de Goldman affirme au contraire que la probabilité d'un resserrement monétaire en septembre est supérieure à 55%: il s'agirait donc d'une hausse 'politique' et non dictée par le tableau de bord économique.

Loin des 180.000 à 220.000 créations d'emplois attendues, l'économie américaine n'en a créé que 151.000... et le taux de chômage se redresse comme prévu de +0,1% à 4,9%.

Les création d'emplois ont en revanche été revues à la hausse de +20.000 en juillet (à 275.000), soit une différence abyssale de +100.000 par rapport au score calculé par ADP (toujours en juillet): qui se préoccupe de comprendre comment un tel écart (+56% entre 2 entités observant au même moment le même marché du travail) est possible ?

L'autre chiffre US du jour passe un peu inaperçu mais s'avère plus plaisant: le déficit commercial américain se contracte de -11,6% à -39,5Mds$, avec une hausse des exportations voisine de +1,5%.

Enfin, les commandes à l'industrie rebondissent de +1,9% en juillet après -1,8% en juin (contre +2% anticipé).

Alors que certains s'accrochent au scénario d'une hausse de taux en septembre, l'euro reste stable à 1,116, tandis que le baril de WTI reprend 1,5% vers 44,2$.

Le prochain rendez-vous majeur pour les marchés, c'est le FOMC de la BCE jeudi prochain, une nouvelle bonne raison de se montrer attentiste une fois re-testé le zénith estival des 4.530Pts ?

Enfin, à propos des valeurs, Accor engrange 3,6% (à la faveur d'un relèvement de recommandation de Barclays) tout comme Essilor, L'Oréal et Danone- avec un tir groupé autour de +3,5%... mais c'est Veolia (+4,9%) qui domine le CAC40.

Au sein du SBF120, la dégradation des comptes semestriels de Bolloré vaut au groupe de signer la plus mauvaise performance du SBF 120. Le titre recule de 3,3%, devançant ST-Micro avec -2,8% puis Ingenico (-5,5% en raison de l'important - et préoccupant - profit warning de son concurrent Verifone, qui table à présent sur un chiffre d'affaires annuel inférieur à celui généré lors de l'exercice écoulé).

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  • mqsd il y a 3 mois

    POUR PREPARER LES VAD de la semaine prochaine