Paris pour un retour du dialogue direct au Proche-Orient fin 2016

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    * Une conférence sans les Israéliens ni les Palestiniens 
    * Les 28 participants s'inquiètent des violences au 
Proche-Orient 
    * Le statu quo favorise le terrorisme, dit Hollande 
    * Des groupes de travail pour aider au retour de la 
confiance 
 
    PARIS, 3 juin (Reuters) - Remettre Israéliens et 
Palestiniens autour d'une table de négociation à la fin de 
l'année : c'est l'objectif fixé par la France vendredi lors 
d'une conférence internationale destinée à relancer un processus 
de paix complètement à l'arrêt. 
    Au terme d'une demi-journée de discussions, les 28 Etats et 
organisations représentées à Paris ont lancé un appel pour 
recréer les conditions de la confiance entre les parties pour 
combler un vide diplomatique dont se nourrit le terrorisme. 
    "Quand le statu quo s'installe, quand les violences se 
multiplient, alors il y a des risques sérieux pour que le 
terrorisme puisse y trouver son terreau le plus fertile", a dit 
François Hollande en ouvrant la réunion, à laquelle ont 
notamment participé le secrétaire général de l'Onu, Ban ki-moon, 
et le chef de la diplomatie américaine, John Kerry. 
    "Il reviendra aux parties, c'est-à-dire aux Israéliens et 
aux Palestiniens, et à elles seules, de faire le choix courageux 
de la paix. Nous ne pouvons pas nous substituer aux parties 
prenantes", a-t-il expliqué. "Notre initiative vise à leur 
donner les garanties que la paix sera solide, durable et 
contrôlée internationalement". 
    Dans le communiqué final, les participants s'alarment des 
violences sur le terrain et des implantations israéliennes qui 
mettent en péril la perspective d'une solution à deux Etats.     
   
     
    "LA SOLUTION DE DEUX ETATS EN GRAVE DANGER" 
    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc 
Ayrault, a dit son inquiétude sur l'avenir de cette idée d'un 
Israël vivant aux côtés d'un Etat palestinien.  
    "La solution des deux Etats est en grave danger, nous 
approchons d'un point de non-retour au-delà duquel cette 
solution ne sera plus possible", a-t-il prévenu. "Elle s'éloigne 
chaque jour avec la progression constante de la colonisation. 
Elle s'éloigne aussi dans les esprits et dans les coeurs." 
    Un avis partagé par la responsable de la diplomatie 
européenne, Federica Mogherini. 
    "La politique d'expansion d'installations et de démolitions, 
la violence et l'incitation nous disent très clairement que la 
perspective ouverte par les accords d'Oslo est sérieusement en 
danger de disparition", a-t-elle estimé.   
    Elaborés sous la houlette d'Yitzhak Rabin et de Yasser 
Arafat les accords de paix d'Oslo de 1993 prévoyaient la 
création d'Etat palestinien dans les cinq ans.  
    Soutien de la partie palestinienne aux côtés, notamment, de 
la Ligue arabe, le ministre saoudien des Affaires étrangères a 
lancé un message aux autorités israéliennes, qui avaient 
désapprouvé la tenue de la conférence de Paris.    
    "J'espère que la sagesse va l'emporter en Israël", a déclaré 
Adel Al Jubeir, qui a invité l'Etat hébreu à réfléchir aux 
propositions du plan arabe de 2002, qui offre la paix à Israël 
en échange de son retrait de tous les territoires occupés.  
    Les autorités israéliennes, en particulier son Premier 
ministre Benjamin Netanyahu, ont considéré d'un mauvais oeil la 
réunion de Paris, à laquelle elles disent préférer un dialogue 
direct entre Israéliens et Palestiniens.  
    En mettant sur pied ce mois-ci des groupes de travail sur 
des sujets comme l'économie et la sécurité, la France veut 
contribuer à démontrer concrètement aux deux parties les 
avantages de parvenir à la paix.  
    Selon Jean-Marc Ayrault, l'idée est "d'aboutir à un paquet 
global d'incitations, de le présenter aux Israéliens et aux 
Palestiniens lors d'une conférence internationale qui se tiendra 
à la fin de l'année". 
    Les pourparlers israélo-palestiniens sont au point mort 
depuis l'échec en 2014 de la relance des efforts de paix par les 
Etats-Unis, pays dont l'attention est aujourd'hui accaparée par 
la perspective de son élection présidentielle, en novembre. 
 
 (John Irish et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 
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