Paris: pire séance depuis 22/9, 6 semaines de hausse effacés

le
0

(CercleFinance.com) - Le CAC40 a bien terminé au plus bas, en repli de -3,6%: un malheureux hasard a voulu que Wall Street subisse un petit accès de faiblesse autour de 17H30 (lequel se poursuit ce soir), ce qui a entrainé une ultime vague de dégagements durant le 'fixing'.

Aucune valeur du CAC40 n'a perdu moins de -1% et 10% seulement des valeurs du SBF120 ont fini dans le vert.

Les dégâts sont sévères avec un repli -5% par rapport aux plus hauts du jour inscrits 4.975Pts ce midi (soit -245Pts en l'espace d'un après-midi): tous les gains depuis la précédente réunion de la BCE du 22/10 ont été effacés parce que Mario Draghi n'a pas été à la hauteur des anticipations qu'il avait fait naître il y a 6 semaines.

Un 'malentendu', un contrat à moitié rempli, une erreur de communication de la BCE... chacun retiendra la formulation qui lui convient, mais le résultat, c'est que l'intégralité des gains des 6 dernières semaines ont été reperdus en une seule séance, dans des volumes qui témoignent d'une vive contrariété, avec 7MdsE échangés.

Le contrepied est également des plus saignants sur le FOREX avec le plus gros écart annuel sur la paire E/$ en moins d'une demi-heure, l'euro grimpant de plus de +2,5% vers 1,0890 puis 1,0920 ce soir, contre 1,055/$ avant le communiqué de la BCE annonçant une réduction de -10Pts du taux de prises en pension à -0,30% (le marché espérait -15 à -20Pts de base).

Rarement un consensus quasi univoque ('long $/short E') ne s'était fait piéger avec une telle 'naïveté' par les promesses de la BCE... qui confirme que sans constituer une fin en soi, la parité joue bien sur la réalisation des objectifs d'inflation.

La BCE avait fait miroiter un accroissement des injections de liquidités mensuelles mi-octobre: cela n'aura pas lieu... ou alors seulement si la conjoncture se dégradait sérieusement, ultérieurement, en combinaison avec d'autres 'outils'.

Le 'QE' va en revanche être prolongé jusqu'en mars 2017 (ou au-delà) et les achats mensuels sont 'non stérilisés', la BCE remplaçant '1 pour 1' les dettes arrivant à échéance pour maintenir l'encours à son maximum (il sera équivalent à 40% du PIB de la zone Euro à l'horizon mars 2017).

La BCE élargit également la liste des 'instruments' pouvant être achetés aux dettes de 'collectivités locales' potentiellement moins bien notées que les dettes d'état.

Mario Draghi justifié la décision -quasi unanime- de ne pas 'muscler' le 'QE' par le succès du programme actuel -selon la propre évaluation des économistes de la BCE- qui aurait contribué à générer +1% de croissance (+1,6% anticipé en 2015) et +0,5% d'inflation (+0,1% en 2015 contre 0,7% estimé initialement).

La réalité de terrain, c'est qu'il devient difficile d'acheter plus de 60MdsE de dette par mois, sans compter que les marchés sont déjà au plus haut et n'ont pas besoin d'être 'rassurés'.

L'objectif d'inflation est abaissé à 1,1% à 1% pour 2016 mais maintenu à +1,7% en 2017.

Les marchés obligataires sont laminés ce soir avec des écarts allant de 0,2% sur les Bunds et les OAT à +0,25% sur les dettes périphériques ('bonos' espagnols, BTP italiens): la encore, tous les gains depuis 6 semaines volent en éclats, quand la situation ne se dégrade pas.

Aux Etats Unis maintenant, les mauvaises 'stats' continuent de se succéder avec une chute inattendue de l'ISM des 'services' à 55,9 contre 59,1 (déjouant un consensus de 57,5).

Les commandes de biens durables se redressent de +1,5%, mais l'anticipation était de +1,6%.

Wall Street à bien tenté entre 15H30 et 17H30 de ne pas se laisser entrainer par des places européennes (en chute libre de -3,6%), bénéficiant à plein du repli de -2,5% du dollar... mais ce soir, les indices US lâchent entre -0,75 (Dow Jones/S&P500) et -1% (Nasdaq) et pourraient perdre pied si les chiffres de l'emploi publiés demain jettent le doute sur la pertinence d'une hausse de taux par la FED le 16/12.

En Europe, le PMI manufacturier ressort à 54,2 dans l'eurozone (contre 54,6 estimé initialement), en France, il chute de 52,6 vers 51 et le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au 3e trimestre, à 10,2% ( nouveau record absolu selon l'Insee).

Au sein du CAC40, les 'valeurs $' sont massivement vendues avec -5,1 à -5,2% sur Danone et Airbus, -4,75% sur Total et LVMH, -4,4% sur Essilor, -4% sur l'Oréal.

DBV Technologies reste stable alors que Barclays a initié son suivi de la valeur avec une recommandation 'surpondérer'. Innate Pharma avance de son côté de 2,3% après l'annonce d'un démarrage d'essai clinique et la confirmation d'une recommandation favorable des analystes de Bryan Garnier.

Stallergenes Greer plonge à l'inverse de 19% vers 21,32E après l'annonce de la suspension temporaire d'activité de son site production d'Antony suite à des dysfonctionnements informatiques.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant