Paris-Nice: Bouhanni laisse le champ libre à Viviani

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par Gilles Le Roc'h

CERILLY, Allier (Reuters) - L'Allemand Marcel Kittel s'est imposé mardi dans la deuxième étape de Paris-Nice en devançant l'Italien Elia Viviani, qui endosse le maillot jaune de leader abandonné par le champion de France Nacer Bouhanni sur une chute dont il ne s'est pas relevé.

La perte d'un maillot jaune affecte toujours le peloton et c'est encore un peu plus vrai dans cette course où les Français rayonnaient avec les victoires de Damien Gaudin dans le prologue et de Bouhanni dans la première étape.

Le jeune sprinteur rêvait de s'imposer encore à Cérilly mardi mais il a connu le même sort que Chris Boardman (1998) et David Zabriskie (2005) dans le Tour de France, ou que Pascal Lance, il y a plus de vingt ans sur Paris-Nice.

"Il s'est mis à pleuvoir en cours de route et depuis une quinzaine de kilomètres, il y avait beaucoup de stress dans le peloton", a raconté son équipier Yoann Offredo.

"Nacer était nerveux dans mon sillage et dans un virage, à Thaumiers, à 47 kilomètres de l'arrivée, il a glissé et a perdu le contrôle de son vélo. Cette chute a été violente !"

Le sprinteur de FDJ a heurté le sol avec son visage avant de s'arrêter contre la bordure du trottoir et un muret. Il s'est immédiatement assis, la bouche en sang, hagard et comprenant très vite que sa course s'était arrêtée dans ce bourg du Loiret.

"Nous avons connu une émotion très forte avec Nacer lundi à Nemours et ce matin, il nous disait qu'il avait encore une grande chance de gagner (...) C'est la tristesse qui nous accompagne depuis sa chute. C'est un équipier et c'est aussi un copain", a ajouté Offredo.

Ses blessures sont cependant sans grande gravité puisque les premiers examens médicaux pratiqués mardi soir à l'hôpital de Riom n'ont pas révélé de fracture des côtes.

"Nacer souffre de deux fractures dentaires, d'une lèvre ouverte qui a nécessité huit points de suture. Les radios n'ont pas révélé de fractures, ni même une fêlure d'une côte comme nous le craignions en début d'après-midi", a fait savoir dans la soirée Gérard Guillaume, médecin de l'équipe FDJ.

"Il sera de retour sur son vélo en fin de semaine", a-t-il anticipé.

Le plus triste était sans doute Geoffrey Soupe, le fidèle compagnon de chambre du champion de France, également victime d'une chute en cours de route.

"Au premier passage sur la ligne d'arrivée, je me suis dit que je pouvais gagner et j'ai demandé à mes équipiers de s'occuper de moi", a dit Soupe, cinquième du prologue dimanche.

"Arnold Jeannesson, William Bonnet et Yoann Offredo ont fait un super boulot mais je me suis un peu loupé, produisant mon effort trop tôt derrière (Alessandro) Petacchi. J'ai coincé à 150 mètres de la ligne mais je n'ai pas de regrets."

Dans ce sprint disputé en faux-plat montant et vent de face, il fallait être patient et c'est exactement ce que fut Marcel Kittel, vainqueur très net de cette étape qui lui a fait oublier sa déconvenue de la veille, quand une crevaison l'avait écarté du jeu.

"Je suis très heureux d'avoir eu la chance de disputer ce sprint et de gagner. Je manquais un peu de confiance après mon début de saison. Il était important de montrer que je peux gagner dans le World Tour, pour moi et mon équipe", a dit le colosse du Team Argos-Shimano.

"J'avais demandé à mes équipiers de me lancer à 100 mètres de l'arrivée. Il fallait attendre à cause du vent et de la pente. Je regrette ce qui est arrivé à Bouhanni. Il avait montré toute sa classe hier, c'est un bon adversaire. Je l'ai vu tomber. Je l'ai vu glisser. C'était une chute stupide et j'espère qu'il reviendra très vite."

L'Italien Elia Viviani, deuxième après avoir terminé troisième la veille, s'est consolé en endossant le maillot jaune qui constituait, en début de journée, son objectif principal.

Il avait disputé à cette fin le sprint intermédiaire et raflé les trois secondes de bonification.

"Je suis très heureux de recevoir ce maillot jaune et je sais que mercredi dans la difficile étape de Brioude, mon équipe saura parfaitement me soutenir", a-t-il dit.

Edité par Grégory Blachier

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