Paris n'exclut pas d'accroître son soutien face à Boko Haram

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* Paris apporte un soutien en matière de renseignement * Possible soutien tactique de la France-diplomate * Le Niger cible d'une série d'attaques depuis début février PARIS, 12 février (Reuters) - La France n'exclut pas d'accroître son soutien aux pays engagés dans la lutte contre Boko Haram en cas de demande des pays riverains du Nigeria, face à la multiplication des incursions meurtrières du groupe islamiste au Niger et au Cameroun. "Il n'est pas impossible qu'à l'avenir et à la demande des pays partenaires, on apporte un soutien tactique, mais jusqu'à présent nous ne faisons que des vols de reconnaissance", indique une source diplomatique française. La France, qui apporte depuis deux mois son soutien en matière de renseignement aux pays du Lac Tchad (Niger, Nigeria, Cameroun, Tchad), était jusqu'à présent assez réticente à intervenir davantage face à Boko Haram, soulignant qu'elle ne pouvait pas être la "seule puissance à agir". Mais la dégradation de la situation, marquée par l'ouverture d'un nouveau front de Boko Haram au Niger, pourrait changer la donne et les contours de l'aide apportée par Paris. Cette aide s'est déjà renforcée avec l'arrivée fin janvier d'une quinzaine de militaires français, prélevés sur les effectifs de Barkhane, à Diffa, une ville du sud Niger, à la frontière avec le Nigeria, secouée depuis début février par une série d'attaques de Boko Haram ( ID:nL5N0VJ2FT ). La mission de ces militaires, souligne-t-on à Paris, est de faciliter la remontée d'informations vers la cellule de coordination et de liaison (CCL) basée à N'Djamena depuis décembre et qui réunit pour l'heure des officiers venant du Niger et du Tchad et dix militaires français. PRÉOCCUPATION DES PARTENAIRES "Nous sommes aux côtés de nos pays partenaires pour lutter contre les groupes armés terroristes au Nord (de la bande sahélo-saharienne dans le cadre du dispositif Barkhane, NDLR) et nous sommes naturellement à leur écoute lorsqu'ils ont une préoccupation telle que celle qu'ils connaissent aujourd'hui sur leurs frontières", a dit jeudi le porte-parole de l'état-major des armées, le colonel Jaron, lors d'un point presse à Paris. L'armée de l'air française, qui effectue des vols de reconnaissance au-dessus des pays voisins du Nigeria, n'a à l'heure actuelle mené "aucune mission d'appui aérien au profit du Tchad ou d'autres pays", a-t-il poursuivi, démentant toute frappe française. Un renfort militaire à Diffa n'est pour l'heure pas à l'ordre du jour, a-t-il par ailleurs déclaré. "À Diffa, nous avons un volume militaire pour remplir cette mission (de renseignement et de coordination NDLR) qui est suffisant donc il n'y a pas de raison que l'on fasse évoluer ce dispositif", a-t-il dit. "Compte tenu de la tension qui existe dans la région, nous pouvons prendre des mesures de protection de ces éléments mais comme toujours ces mesures de protection ne font pas lieu de publicité particulière". Lors de sa conférence de presse du 5 février, François Hollande avait réaffirmé le soutien opérationnel de la France aux "forces africaines qui luttent contre le terrorisme". Il avait également souligné que la France n'avait pas vocation à intervenir partout et ne pouvait pas "régler tous les conflits du monde". (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

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