Paris met en garde contre une présence russe en Ukraine

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(Actualisé avec analyste, précisions) PARIS, 28 août (Reuters) - La présence de soldats russes sur le sol ukrainien serait "intolérable" et "inacceptable", a estimé jeudi François Hollande à l'heure où l'Ukraine et les Etats-Unis accusent la Russie de lancer une nouvelle offensive dans l'est de l'Ukraine. "S'il était avéré que des soldats russes sont présents sur le sol ukrainien, ce serait intolérable et inacceptable", a déclaré le chef de l'Etat lors de la conférence des ambassadeurs à Paris, appelant dans le même temps les autorités ukrainiennes à "faire preuve de retenue dans les opérations militaires (...) et écarter toute provocation". Les autorités ukrainiennes accusent depuis plusieurs mois la Russie de fournir des armes et d'envoyer des troupes dans l'est de l'Ukraine pour soutenir les séparatistes pro-Russes dans un conflit qui a fait plus de 2.200 morts en cinq mois. La Russie, qui dément régulièrement toute participation militaire en Ukraine, a reconnu cette semaine la présence de parachutistes russes, capturés par les forces ukrainiennes, qui auraient selon Moscou franchi la frontière par accident. Selon un haut responsable militaire de l'Otan, un millier de soldats russes combattraient actuellement sur le territoire ukrainien, notamment dans la zone de Novoazovsk. A Washington, une porte-parole du département d'Etat a déclaré mercredi que les nouvelles incursions de militaires dans l'est de l'Ukraine laissaient penser qu'une "contre-offensive dirigée par des Russes" était probablement en cours à Donetsk et Louhansk, les deux bastions rebelles de l'est de l'Ukraine. "Les Européens ont dû renforcer les sanctions et, forcément, elles seront maintenues voire augmentées si l'escalade se poursuit, et je le dis nettement, je ne souhaite pas en arriver là", a déclaré François Hollande, appelant de ses voeux une nouvelle rencontre entre les présidents russe et ukrainien, sur le modèle de celle qui s'était tenue début juin en Normandie en la présence d'Angela Merkel et du chef de l'Etat français. MISTRAL Pour François Heisbourg, président de l'Institut international des études stratégique à Paris, la France réagit avec prudence à l'évolution de la situation dans l'est ukrainien en raison du contrat de vente de deux Mistral qu'elle a conclu avec la Russie. "Hollande a un problème avec l'accord sur le Mistral", indique-t-il. "Il va continuer aussi longtemps qu'il le pourra à prétendre que rien n'est en train de se passer, il a en tête la livraison du premier navire en octobre avant la visite du Premier ministre indien". Une éventuelle annulation du contrat russe, qui pourrait découler d'une officialisation de la présence de forces russes en Ukraine, constituerait un mauvais signal pour l'Inde à l'heure où la France tente de vendre ses Rafale. "Je pense que la France sera la dernière à énoncer l'évidence. Ils ont intérêt à démentir cela aussi longtemps que possible et à ne changer de position que lorsque les preuves seront dépourvues d'ambiguïté." (Chine Labbé et Marine Pennetier, avec John Irish, édité par Yves Clarisse)

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  • M1903733 le jeudi 28 aout 2014 à 21:40

    Quelle prétention, la puce et l'éléphant.

  • sarestal le jeudi 28 aout 2014 à 18:50

    Ici, cela fait longtemps que l'on est envahi par l'est et le sud et personne ne s'émeut.

  • LeRaleur le jeudi 28 aout 2014 à 17:29

    Attention Poutine, Hollande va se fâcher, non mais des fois...