Paris : les taxis à la reconquête des clients

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Malmenés par l'essor de nouveaux concurrents, les taxis parisiens contre-attaquent. Des taxis collectifs à la carte prépayée, les compagnies se battent à coups d'innovations pour fidéliser leurs clients.

Secoués par l'offensive des voitures en libre-service Autolib', des motos et vélos taxis ou encore des véhicules avec chauffeur, les taxis parisiens contre-attaquent. Les Taxis Bleus dégainent ce mardi un remède anticrise: la carte «La Parisienne». Sur le modèle de la téléphonie mobile, cette carte prépayée et rechargeable, d'un montant minimal de 50 euros , est un mode de paiement «idéal pour les taxivores», qui peuvent ainsi «maîtriser leur consommation de taxis», argumente la compagnie. La souscription à cet abonnement s'élève à 25 euros pour une durée d'un an. A terme, l'offre s'étoffera avec des cartes ciblées pour la clientèle «junior», «famille», «senior», «première classe» et «prestige». Si «La Parisienne» est la première carte prépayée lancée par une compagnie de taxis, l'idée n'est pas inédite. La «Moov'Card» a ainsi fait son apparition cet été dans les 15 plus grandes villes de France, en partenariat avec les principales compagnies de taxis radios.

Forts d'une flotte de 3000 taxis et d'un chiffre d'affaires annuel de 15 millions d'euros, Les Taxis Bleus affichent leur ambition: fidéliser le grand public. Les particuliers, qui pèsent pour 70% de l'activité du groupe, sont «un levier important de croissance», selon Yann Ricordel, son directeur général. «Or, les clients se plaignent souvent de ne pas trouver de taxi en heure de pointe, et ils ont raison. De l'autre côté, les chauffeurs peinent à trouver des clients en heure creuse», confie-t-il. Pour atténuer ce déséquilibre, le groupe envisage d'augmenter sa flotte de 10% chaque année. Fin 2012, les Taxis Bleus compteront 3300 véhicules, selon son directeur général.

Course à la nouveauté

Dans cette course à la nouveauté, G7, le leader du marché avec 7000 véhicules affiliés à Paris et en Ile-de-France sur une flotte globale de plus de 16.500 taxis, a pris une longueur d'avance. Cette année encore, la société, qui regroupe en outre le loueur de voitures Ada et des sociétés de logistique, compte mettre 45 millions d'euros sur la table dans des projets d'innovation. Après avoir engagé une refonte de sa flotte - du «Family Cab», avec réhausseur pour enfants, au «Maxi-Cab» pour les familles nombreuses, en passant par le service «Horizon» dédié aux personnes à mobilité réduite -, elle a lancé en mai une offre de taxis collectifs à petits prix baptisée «WeCab». Concrètement, elle propose à ses clients de partager leur taxi pour bénéficier d'un tarif forfaitaire inférieur «de 35 à 40%» au prix normal d'une course, explique Serge Metz, PDG des taxis G7. Cette offre ne couvre, pour le moment, que les trajets allers et retours entre la capitale, sa banlieue et les aéroports parisiens. Elle propose, par exemple, la course entre Vincennes et Roissy à 36 euros, tandis que le trajet Malakoff-Orly revient à 20 euros.

Un véritable défi économique pour G7, qui a enregistré un chiffre d'affaires de 310 millions d'euros en 2011: «Les pertes causées par l'impossibilité de regrouper des clients seront à notre charge, car la compagnie paiera les chauffeurs au prix de la course, même s'ils ne transportent qu'une personne», assure le dirigeant. Pour bénéficier de l'offre, les clients doivent réserver à l'avance sur un site internet dédié ou par téléphone. Et accepter un petit inconvénient: rallonger leur temps de parcours pour récupérer d'autres passagers. Des détours qui ne devraient pas être trop gênants, selon G7, puisque la compagnie promet «trois arrêts maximum» par course.

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  • M1983584 le mardi 18 sept 2012 à 11:11

    Petit problèmes chez les taxis ? Il faudrait peut etre leur inculquer quelques bonnes manières : dire bonjour, ne pas nous forcer à écouter leurs conversations téléphoniques ou bien les Sourat du Coran (si si ça m'est arrivé ...).Plus généralement gros problèmes d'attitude de certains taxis avec la clientèle féminine dont je fais partie, visiblement certains ne comprennent pas ou n'aprécient pas qu'une femme puisse prendre un taxi seule , décider ou elle veut aller et par quel chemin...

  • md24750 le mardi 18 sept 2012 à 09:19

    Les chauffeurs de taxi se sont toujours pris pour les "aigles de la route" (pour pasticher Mad Max). Sale mentalité généralisée chez eux. Et maintenant, que tout se retourne contre eux, ils voudraient reconquérir de la clientèle. A mon avis, leur disparition est déjà programmée

  • M6860185 le mardi 18 sept 2012 à 08:46

    reconquérir la clientèle ? on croit réver ! on court aprés les taxis qui roulent dans des voitures de luxe.

  • patydoc le mardi 18 sept 2012 à 08:38

    G7, l' exemple même du NON SERVICE à la française ....