Paris-L'un des kamikazes aurait été aidé dans sa traversée des Balkans

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par Aleksandar Vasovic et Lefteris Karagiannopoulos BELGRADE/ATHENES, 17 novembre (Reuters) - L'un des auteurs des attaques qui ont ensanglanté Paris et Saint-Denis vendredi dernier a traversé les Balkans pour se rendre en Europe de l'Ouest et il était peut-être accompagné d'un complice, a-t-on appris mardi de sources autorisées. L'homme s'est fait exploser à proximité du Stade de France et les policiers ont retrouvé près de son corps un passeport syrien au nom d'Ahmad al Mohammad, né à Idlib. Des sources ont expliqué que son voyage aurait été facilité et même accéléré par la volonté de certains pays de hâter la traversée des migrants pour éviter un afflux trop important aux frontières hongroises qui leur étaient fermées. Le passeport retrouvé près du corps du kamikaze est peut-être faux ou volé mais son détenteur a bien été enregistré en octobre à son arrivée sur l'île grecque de Leros, parmi 198 autres réfugiés venus de Turquie. Les autorités françaises ont déclaré que les empreintes digitales de l'homme enregistré à Leros correspondaient à celles de celui qui s'est fait exploser à Saint-Denis. Selon des responsables grecs, Ahmad al Mohammad semblait voyager seul mais une source proche des services de renseignement de Macédoine, l'un des pays qu'il a traversés, a précisé qu'une enquête avait été ouverte dans les Balkans "sur le trajet suivi par deux terroristes". Cette source, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat, a dit qu'Ahmad al Mohammad était accompagné d'un autre homme et qu'ils ont acheté deux billets de ferry pour se rendre au Pirée et gagner ainsi la Grèce continentale. "Le 4 octobre, l'un après l'autre, ils ont acheté des billets de ferry (...) et sont arrivés au Pirée le 6 octobre au matin", a dit la source. Le propriétaire de l'agence de voyage de Leros se rappelle avoir vendu des billets à Ahmad al Mohammad et à un homme qui se trouvait avec lui. ENQUÊTES "Il n'a rien fait ni dit quoi que ce soit qui ait retenu mon attention", a dit Dimitris Kastis, qui précise que les deux hommes ont réglé en espèces et que l'accompagnateur et Ahmad al Mohammad portaient des noms de famille proches. Des médias grecs ont publié un cliché du billet du deuxième homme, montrant que ce dernier avait donné le nom de Mahmod, un patronyme que Dimitris Kastis a reconnu comme étant celui de l'accompagnateur d'Ahmad al Mohammad. Un policier croate, qui a tenu à rester anonyme, a lui aussi dit à Reuters qu'une enquête était en cours pour déterminer si Ahmad al Mohammad voyageait seul ou accompagné et, dans ce cas, par qui. La source macédonienne a déclaré que, deux jours après son départ du Pirée, Ahmad al Mohammad était toujours accompagné. Les deux hommes auraient été enregistrés dans un camp de réfugiés situé près de la ville serbe de Presevo, ce que n'ont pas confirmé les autorités serbes. Ahmad al Mohammad s'est ensuite rendu en Croatie en prenant le train ou le car et a été enregistré le 8 octobre au camp de réfugiés d'Opatovac où sa trace se perd. Selon la police croate, il a sans doute quitté le pays dans les vingt-quatre heures pour gagner la Hongrie mais les autorités locales disent n'avoir aucun élément attestant de sa présence. Sa destination suivante la plus probable est l'Autriche où des centaines de migrants étaient acheminés et où ils ont pu entrer sans que leurs papiers soient examinés. La présence d'Ahmad al Mohammad en Autriche a été qualifiée de "spéculation" par un porte-parole du ministère de l'Intérieur. Vienne a toutefois confirmé qu'un autre assaillant, Salah Abdeslam, toujours recherché par les autorités françaises et belges, était bien entré en Allemagne à partir de l'Autriche le 9 septembre. (Nicolas Delame pour le service français, édité par Guy Kerivel)

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