Paris juge qu'Alger a fait face à un acte de guerre à In amenas

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LA FRANCE JUSTIFIE L'ATTITUDE DE L'ALGÉRIE LORS DE LA PRISE D'OTAGES SUR UN SITE GAZIER
LA FRANCE JUSTIFIE L'ATTITUDE DE L'ALGÉRIE LORS DE LA PRISE D'OTAGES SUR UN SITE GAZIER

PARIS (Reuters) - Les responsables français ont prôné dimanche une fermeté implacable face au terrorisme et justifié l'attitude d'Alger dans le dénouement sanglant de la prise d'otages du site gazier d'In Amenas, au Sahara.

Plusieurs capitales, dont Londres et Tokyo, ont regretté de ne pas avoir été prévenues par les autorités algériennes de leur intention d'intervenir, mais François Hollande a estimé que l'Algérie avait "eu les réponses les plus adaptées".

Prié de dire si Paris avait décidé de ménager l'Algérie pour avoir autorisé le survol de son territoire par les avions français opérant au Mali, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a invoqué un acte de guerre à In Amenas.

"L'Algérie s'est sentie menacée comme si elle était en guerre", a-t-il plaidé.

"Quand un pays se trouve agressé de cette manière, dans une opération préparée de longue date (...) qui met en jeu votre propre sécurité, l'intégrité de votre territoire, qui met en jeu vos propres ressources, nous ne sommes plus dans une gigantesque prise d'otages. C'est un acte de guerre", a-t-il dit sur France 5.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'est dit "heurté" qu'on puisse mettre en cause Alger.

"Je suis un peu heurté lorsqu'on a l'impression que ce sont les Algériens qui sont mis en cause alors qu'ils ont dû répliquer à des terroristes", a-t-il dit au Grand rendez-vous Europe 1/i>TELE et Le Parisien.

"Il n'y a aucune impunité pour les terroristes et il n'y en aura pas (...) Face au terrorisme, il faut être implacable", a-t-il insisté, disant partager "tout à fait l'analyse" de François Hollande.

"Il faut avoir à l'esprit que les terroristes, très nombreux, qui ont attaqué ce dépôt gazier sont des tueurs. Ils pillent, ils violent, ils saccagent. La situation était épouvantable", a-t-il estimé.

François Hollande, qui a pour sa part affirmé faire confiance aux Algériens dans ces circonstances, a téléphoné dimanche au Premier ministre japonais Shinzo Abe pour lui exprimer "l'entière solidarité de la France à l'égard du Japon face à la situation."

Il a souligné "que nous devions rester en étroite coordination pour assurer la sécurité des ressortissants de nos deux pays dans la région", précise l'Elysée dans un communiqué.

Gérard Bon, édité par Julien Dury

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  • M6197799 le dimanche 20 jan 2013 à 20:08

    Si ce n'était pas si dramatique, ce serait ridicule. Quand Sarko a lancé l'opération qui a provoqué la mort de deux jeunes otages que les islamistes emmenaient vers le nord, les socialistes ont critiqué l'absence de négociation avec les ravisseurs, la précipitation, etc... Quand l'armée algérienne frappe et tue au passage un nombre important d'otages, Hollande et Fabius expliquent immédiatement qu'on ne négocie pas avec les ravisseurs et que l'Algérie avait raison .