Paris: hausse réjouissante... mais sans le moindre fondement

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(CercleFinance.com) - Fin de séance et fin de mois en apothéose pour le CAC40 qui reprend +100Pts sur ses plus bas du jour (par quel miracle, aucun élément d'actualité ne le justifie !) et s'envole de +0,9% au cours de la seule dernière heure -sans le moindre commencement d'explication micro ou macro économique, à part de mauvais chiffres US- pour finir au plus haut depuis le 1er février, à 4.353Pts.

Paris laisse littéralement sur place Francfort et Londres (qui finissent a -0,2% et +0,02% respectivement), en revanche les places de Madrid (+1,35%) et Milan (+0,8%) ont également fini en trombe , sans qu'il soit possible de relier ce rallye à une actualité, ni même à la hausse de Wall Street qui reste cantonnée autour de +0,3% ce soir et qui ne dépassait pas 0,2% vers 17H145.

Il ne reste que le pétrole avec une hausse de +3%... mais pourquoi cela profiterait-il au CAC40 et pas au DAX, au S&P500 ou au FT-100 (où les valeurs pétrolières sont très présentes).

On a franchement l'impression d'avoir assisté entre 16H35 et 17H35 à un 'arrachage des cours' à la hausse qui ne procédait que de lui-même, ou d'une volonté implacable de finir le mois de février 'au plus haut' (il était perdant de -2,4% ce matin, il n'apparait plus négatif que de -0,6% en clôture, c'est carrément inespéré).

Le rebond de +100Pts du CAC40 depuis un plancher de 4.254Pts inscrit vers 10H30 laisse beaucoup d'opérateurs perplexes: le repli initial de -1,5% des places européennes (dont Paris) s'expliquait aisément par un 'G20' décevant dont il n'est rien ressorti de positif (aucun plan de relance, aucune initiative monétaire concertée) sinon le vague engagement des participants à ne pas s'enferrer dans la 'guerre des devises'... mais les marchés tablent d'ores et déjà des taux encore plus négatifs en zone Euro d'ici le 10 mars prochain (la faute à une inflation à -0,2% dans l'Eurozone en février).

La journée avait de surcroît très mal commencé en Asie avec une baisse de -1% de Tokyo et une chute de -2,9% à Shanghai (où se tenait le 'G20') et un plongeon de -5,3% de Shenzhen.

La POBC a presque aussitôt réagi en décrétant un Nième assouplissement de 50Pts du montant des réserves obligatoires des banques chinoises (c'est inefficace au-delà de l'effet d'annonce qui dure 48H, mais il fallait bien que Pékin 'fasse quelque chose').

Outre Atlantique, le PMI de Chicago est une vraie déception, à 47,6 contre 52,5 attendu... mais le basculement sous le seuil technique des 50 n'affecte pas Wall Street, pas plus que le recul inattendu des promesses de vente de logements en janvier (au lieu d'une petite hausse anticipée).

En fait, il semblerait qu'aucune mauvaise nouvelle, aucun sommet raté, aucune statistique calamiteuse, aucun plongeon des places asiatiques (-6,4% à Shanghai jeudi dernier mais +2,5% sur l'E-Stoxx50 le jour même) ne puisse faire reculer les places occidentales au cours des 4 ou 5 dernières séances du mois calendaire... cela tient presque du prodige, à moins qu'il ne s'agisse d'une stratégie délibérée des banques centrales pour rassurer les épargnants ('bah, de toutes façons, ça remonte toujours au plus haut en fin de mois, peu importent les circonstances ').

Côté valeurs, les défensives et le luxe subissent quelques dégagements, à l'image de Sanofi -0,7%, Kering -0,7%, et L'Oréal -0,4%.

A la hausse, Airbus a fusé vers 89,8E (+4%) suivi par Accor et Valeo (quelle est la logique sectorielle ?).

A l'inverse, Sopra Steria perdait 4,1% en dépit d'un résultat net part du groupe de 84,4 millions d'euros au titre de son exercice 2015, représentant 2,4% du chiffre d'affaires à comparer à un objectif fixé initialement à 'environ 2%'.

Côté hausses, Genfit progresse de 4,65% après avoir levé 49,6 millions d'euros dans le cadre d'un placement privé réalisé principalement auprès d'investisseurs institutionnels aux Etats-Unis.

Dopées par la hausse du pétrole, Vallourec, Maurel et Prom s'envolaient de +7,2%, +4,35% et CGG de +21% à 0,58E.

Eurofins s'adjugeait +3,1% après avoir signé le 'meilleur exercice de son histoire' en 2015, accru son dividende de 10% et déclaré viser plus de 2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2016.

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  • ericlyon il y a 9 mois

    Tout autant de fondement que les baisses qui nous ont amené le CAC à moins de 4000 points. Vous cherchez à chaque fois à fournir des explications douteuses à la baisse mais vous n'arrivez pas à en trouver à la hausse !

  • ccondem1 il y a 9 mois

    Ce résumé vespéral impertinent de CF est toujours un bon moment de détente ;-)

  • chofar il y a 9 mois

    bah si la bourse anticipe la BCE vous avez rien compris encore....