Paris Europlace veut améliorer le financement en dette des PME/ETI

le
0

(NEWSManagers.com) - Paris Europlace a publié le 11 mars un rapport sur le financement en dette des PME/ETI en France, destiné à alimenter les travaux du " Comité Place Financière de Paris 2020 " . Ce rapport a été produit par la Commission Financement des PME/ETI, animée par Olivier Casanova, Directeur financier de Tereos, au sein du Collège Entreprises de Paris Europlace, présidé par Bruno Lafont, Président Directeur Général de Lafarge.

Selon Olivier Casanova, " le financement en dette est une préoccupation quotidienne des PME/ETI françaises. Actuellement, en France, le flux de financement est d'environ 100 milliards d'euros en dette pour 10 milliards d'euros en fonds propres. "

Avec la crise, les PME/ETI sont très sensibilisées au risque que représente une dépendance exclusive au financement bancaire, face à l'impact que les contraintes réglementaires de Bâle 3 vont avoir sur les crédits. C'est pourquoi elles cherchent une plus grande diversification de leurs sources de financement et un allongement des maturités. Dans le même temps, les investisseurs institutionnels, qui sont à la recherche de rendements, compte tenu d'un environnement général de taux bas, souhaitent diversifier leurs investissements et se tournent vers le financement direct de l'économie.

Concrètement, les besoins peuvent être caractérisés de la manière suivante. Les grandes ETI avec des besoins de financement supérieurs à 100 millions d'euros peuvent avoir un accès large aux placements privés (base obligataire ou " prêts " ), ainsi qu'au financement obligataire, pour celles ayant des besoins au-delà de 250 millions d'euros. Les ETI et grandes PME avec des besoins de financement entre 20 et 100 millions d'euros ont accès aux solutions de placement privé ou aux émissions obligataires publiques, qui se sont développées en Europe et notamment en France au travers de la plateforme créée par NYSE Euronext (IBO - Initial Bond Offering).

Les PME avec des besoins de financement entre 3 et 20 millions euros ont accès aux solutions de financement obligataire public (type IBO) et/ou aux émissions obligataires mutualisées, telles que celles réalisée par GIAC et Micado. Enfin, pour les PME à besoins de financement inférieurs à 3 millions d'euros, l'accès à des sources de financements en dette moyen et long terme autre que bancaires est limité. Des nouvelles solutions se développent telles que le prêt participatif.

Les freins identifiés au développement de ces nouveaux canaux de financement concernent, pour les PME/ETI, les obligations d'information et de notation, et, pour les investisseurs institutionnels l'insuffisance des moyens en analyse crédit. Le rapport de Paris Europlace recommande 5 axes d'actions.

Il faudrait en priorité, consolider l'offre de prêts bancaires, pierre angulaire du financement des PME/ETI et notamment développer une titrisation des prêts de PME/ETI adaptée aux contraintes des charges en capital des investisseurs institutionnels, dans un schéma qui permette aux banques de conserver une partie de l'exposition au risque crédit.

Il s'agit ensuite d'accélérer la mise en place des nouvelles sources de financements. Il faut accélérer la mise en place du comité de suivi de la " Charte Euro PP " (placements privés euro) élaborée par la Banque de France et la CCIP et encourager le développement d'une offre de notation spécifique PME/ETI pour les placements privés comme les offres au public, plus rapide et moins onéreuse.

Il faut également assouplir les ratios d'emprise des investisseurs institutionnels pour faciliter leur souscription à des émissions de petites tailles et définir une pratique de marché acceptable permettant le pré-sondage des investisseurs dans le cadre du placement d'un Euro PP.

Troisième axe, il faut développer la demande des investisseurs institutionnels en encourageant les investisseurs à développer des solutions d'analyse crédit, en propre ou de façon externalisée et en développant les partenariats banques/sociétés d'assurances pour faciliter l'utilisation du savoir-faire développé par les banques en analyse crédit. Il convient parallèlement de poursuivre les réflexions sur la création d'un " fonds de financement de l'économie française " permettant de réorienter une partie de l'épargne longue des caisses de retraite vers les financements de moyen et long terme des PME/ETI, d'accompagner les développements des nouveaux contrats d'assurance-vie Euro Croissance et de promouvoir les Euro PP auprès des investisseurs internationaux.

Le quatrième axe vise à favoriser les solutions de mutualisation en encourageant le développement d'une offre de fonds Euro PP similaires à Novo mais aussi de fonds mutualisés complémentaires, type GIAC ou Micado, avec un niveau d'homogénéité et de granularité des sous-jacents satisfaisant pour les investisseurs. Il faut parallèlement étudier des mécanismes de garantie pour les investisseurs.

Il faudrait enfin faciliter l'accès des PME/ETI aux investisseurs particuliers. A savoir, sensibiliser et former les particuliers aux enjeux de l'investissement dans les PME/ETI et aux risques liés aux instruments de dette, notamment obligataire et pour les meilleures signatures de la Place, encourager la création de tranches destinées aux particuliers, aux côtés des investisseurs qualifiés. Il faudrait également encourager le développement des plateformes électroniques dédiées pour la souscription du public à des émissions obligataires et créer un cadre favorable au développement du financement participatif en France, notamment à l'occasion de la consultation en cours.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant