Paris Europlace plaide pour une réforme de l'épargne

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Les crédits bancaires, qui assurent les trois-quarts des financements des entreprises françaises, risquent de s'assécher et se renchérir. Il faudrait pouvoir compter davantage sur les marchés en général et sur l'épargne des Français en particulier.

L'épargne des Français et sa fiscalité suscitent décidément beaucoup de débats. Vendredi, c'était au tour de l'association Paris Europlace, dans un rapport sur le financement des entreprises et de l'économie, de livrer ses idées pour «remettre l'épargne à l'endroit», selon les mots de son président, Gérard Mestrallet, également président de GDF Suez. À quelques semaines de la remise du rapport Berger-Lefebvre censé guider le gouvernement sur la réforme de l'épargne longue, l'association chargée de promouvoir la place de Paris s'inquiète d'«une mutation sans précédent de notre système de financement».

Les crédits bancaires, qui assurent 76 % des financements des entreprises françaises, risquent en effet de s'assécher et se renchérir à mesure que les banques devront se plier à leur future réglementation européenne. Les assureurs, tentés de prendre le relais et de financer à leur tour l'économie, ne peuvent le faire qu'en partie, car ils sont aussi contraints de réduire leurs investissements à long terme.

Il faudrait pouvoir compter davantage sur les marchés en général et sur l'épargne des Français en particulier. Or, celle-ci finance aujourd'hui assez peu les entreprises puisqu'elle s'oriente surtout vers les actifs de court terme et sans risques, ou sur l'immobilier. La Bourse ne fait plus recette. «Le marché financier des actions n'apporte que très peu de ressources nouvelles», relève Gérard Mestrallet.

Même le marché obligataire de la zone euro, sur lequel les entreprises empruntent directement auprès des investisseurs, risque de devenir structurellement déséquilibré, avec une offre de titres toujours plus importante face à une demande incertaine, prédit Paris Europlace.

Élargir le PEA aux obligations d'entreprises

Il faut «non seulement réfléchir au financement de l'économie, mais à la compétitivité de ce financement», a martelé Gérard Mestrallet. La fiscalité est donc appelée à la rescousse. Paris Europlace la rêve «lisible, stable, centrée sur la croissance», favorisant la prise de risque et un horizon d'investissement long. Les actions, cotées ou non, devraient être avantagées, ce qui impliquerait de revoir l'imposition des plus-values et de moduler le régime de l'épargne salariale. Les avantages du PEA (plan d'épargne en actions) devraient être étendus aux obligations et aux fonds diversifiés. Des sicav et des fonds «de long terme» devraient être créés, et les plans d'épargne retraite collectifs être élargis.

Surtout, l'assurance-vie devrait être consolidée en développant l'investissement en actions cotées ou non cotées et en obligations d'entreprises. Une pierre dans le jardin du gouvernement qui a évoqué la possibilité d'utiliser l'assurance-vie pour financer la construction de logements. Or, pour Paris Europlace, les fonds de l'épargne réglementée (livret A...) utilisés dans ce but sont déjà supérieurs aux besoins.

Enfin, dans les négociations européennes, l'association souhaite qu'une transition «en douceur» soit ménagée pour le modèle français de banque universelle afin de ne pas «déstabiliser les acteurs bancaires et les entreprises d'assurance».

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  • M9566237 le lundi 11 fév 2013 à 18:42

    Les banques et la bourse ont perdu la confiance des Français.

  • s.fogue le lundi 11 fév 2013 à 12:55

    Pour réorienter l'épargne vers le financement des pme il faut pouvoir donner toutes les billes à l'épargnant pour que ce dernier puisse apprécier le risque inhérent à son placement. Avec plus de transparence, une bonne appréciation du risque et un conseil sur mesure aux épargnants, ces derniers pourraient peut-être envisager de placer directement leur épargne dans l'économie. Sur particeep.com par exemple il y a une sélection de pme prometteuse sur lesquelles il est possible d'investir.

  • omigda le lundi 11 fév 2013 à 11:32

    en France, 65% de l'épargne est placée dans l'immobilier, on voit le résultat, des PME faiblardes et en manque de financement pour décrocher des marchés à l'international et une bulle immobilière avec des rentiers qui s'enrichissent en dormant. C'est ça la France!

  • frk987 le lundi 11 fév 2013 à 11:29

    C'est la vad et le trading HF qui maintiennent en vie les boutiques au bord de la faillite, et Dieu sait combien il y en a !!!

  • M9566237 le lundi 11 fév 2013 à 11:18

    Il serait bien aussi de réformer la bourse et toutes ces ventes à découvert et le trading Haute fréquence...

  • frk987 le lundi 11 fév 2013 à 11:13

    Tout faire pour que les français ne puissent être actionnaires, il vaut beaucoup mieux le Qatar .... Telle est la devise socialiste.

  • j.capman le lundi 11 fév 2013 à 10:53

    L avantage de Mittal c est qu il est ultra libéral et ceux qui lui ont livrés notre sidérurgie étaient; au fait quoi!

  • surfer1 le lundi 11 fév 2013 à 10:48

    Financer les entreprises vous n'y pensez pas ! C'est dégoûtant. En France on préfère laisser place nette pour des Mittal ou autres détenteurs de fonds Quataris.

  • j.capman le lundi 11 fév 2013 à 10:45

    Quu pourrait expliquer....UNE OFFRE DE TITRE TOUJOURS PLUS IMPORTANTE FACE A UNE DEMANDE INCERTAINE.

  • frk987 le lundi 11 fév 2013 à 10:35

    Proposition trop pragmatique pour qu'un socialo risque de la comprendre.