Paris et Rome veulent faire avancer l'UE, face aux réfugiés

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PARIS ET ROME VEULENT FAIRE AVANCER L'UE, FACE AUX RÉFUGIÉS
PARIS ET ROME VEULENT FAIRE AVANCER L'UE, FACE AUX RÉFUGIÉS

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - François Hollande rencontre jeudi le président du Conseil italien, Matteo Renzi, pour faire avancer la réponse européenne à l'afflux de réfugiés et contribuer ainsi à désamorcer les fortes tensions nées ces derniers jours au sein de l'Union.

L'Italie est en première ligne de ces mouvements de population, les plus importants en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, et porte une partie de la solution imaginée par les Européens car c'est sur son sol que doivent être installés certains centres européen d'accueil et de tri des migrants.

Le Premier ministre français, Manuel Valls, a dit mercredi qu'un premier "hotspot" serait installé en Grèce "dans les prochains jours", la France étant prête à y envoyer des agents de la police de l'air et des frontières (PAF) et de son office pour les réfugiés afin d'enregistrer les candidats à l'asile.

Mais avant cela, la réunion des ministres de l'Intérieur européens mardi prochain doit selon lui "impérativement" accoucher d'un compromis.

Pour Paris, l'accord doit porter sur trois points : la mise en place des "hotspots", qui a fait l'objet cette semaine d'un accord européen de principe, comment raccompagner ceux qui ne relèvent pas du droit d'asile et la répartition des 120.000 réfugiés supplémentaires proposée au niveau européen.

Trois sujets majeurs pour l'Italie qui seront examinés lors du dîner de François Hollande et de Matteo Renzi à Modène, dans le nord de l'Italie.

Alors que Berlin poussait pour organiser un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement la semaine prochaine, Paris a insisté sur la nécessité d'obtenir préalablement un accord entre ministres de l'Intérieur, une enceinte moins politique.

Les tensions se sont nettement aggravées ces derniers jours entre Européens. A Paris, Manuel Valls a dénoncé mercredi la façon "inacceptable" dont certains pays, Hongrie en tête, refusaient de jouer le jeu européen et des ministres allemands ont évoqué des mesures de rétorsion.

ORBAN CAMPE SUR SES POSITIONS

En portant atteinte à libre circulation des personnes, un des fondements de l'Union européenne, cette crise met en danger l'ensemble du projet européen, dit-on à Paris, même si les accords de Schengen n'ont pour l'instant pas été piétinés.

La France, a dit Manuel Valls, est prête à rétablir temporairement des contrôles à ses frontières, comme prévu par le traité de Schengen et comme l'Allemagne l'a fait.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, répète dans un entretien publié jeudi dans Le Figaro son opposition totale à une répartition obligatoire des réfugiés en Europe, ainsi qu'à l'installation de "hotspots" sur son territoire.

"Le désaccord n'est pas sur les quotas, mais sur les quotas obligatoires, qui vont à l'encontre des intérêts vitaux des nations. Je ferai tout ce que je pourrai pour m'y opposer", prévient-il.

"Quant aux 'hotspots', ce sont des endroits pour accueillir des gens qui ont vocation à retourner chez eux une fois que la situation se sera améliorée. Donc ils doivent se situer au plus près des zones de conflits. Logiquement, en dehors de l'UE. Voire en Grèce. Quel serait le sens d'en avoir un en Hongrie? Non, c'est impossible!", poursuit-il, en ajoutant que le chef du premier parti d'opposition en France, l'ancien président Nicolas Sarkozy, "a des positions similaires aux miennes".

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a fait savoir qu'il donnerait sa réponse jeudi sur l'éventuelle tenue d'une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union.

L'agence Frontex chargée du contrôle des frontières de l'UE a annoncé mardi que 156.000 migrants avaient été enregistrés en août aux frontières extérieures de l'Union européenne.

Selon elle, plus de 500.000 migrants ont été détectés depuis le début de l'année, même si un grand nombre d'entre eux ont été comptabilisés deux fois, à leur arrivée en Grèce de Turquie puis à leur entrée en Hongrie, via la Serbie.

Sur l'ensemble 2014, Frontex avait comptabilisé 280.000 arrivées aux frontières extérieures de l'UE.

(Edité par Yves Clarisse)

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