Paris et Rome sommés de valider définitivement le Lyon-Turin

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LES PARLEMENTAIRES FRANÇAIS APPELLENT PARIS ET ROME À VALIDER DÉFINITIVEMENT LE LYON-TURIN
LES PARLEMENTAIRES FRANÇAIS APPELLENT PARIS ET ROME À VALIDER DÉFINITIVEMENT LE LYON-TURIN

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Des parlementaires français ont exhorté lundi Paris et Rome à s'engager définitivement sur le projet de tunnel ferroviaire Lyon-Turin lors du sommet franco-italien qui aura lieu jeudi.

Le sénateur savoyard UMP Jean-Pierre Vial a déclaré lors d'une conférence de presse que 90 parlementaires, députés, sénateurs, députés européens avaient demandé au président de la République de "tout faire pour que le prochain sommet franco-italien (...) soit l'étape politique ultime".

Les parlementaires, issus des rangs de la gauche comme de la droite, souhaitent que François Hollande et Enrico Letta s'engagent sur les prochaines étapes des travaux du tunnel, dont le coût est estimé à 8,5 milliards d'euros.

L'Union européenne a prévu dans son budget 2014-2020 de prendre en charge 40% des coûts de ce tunnel, dont le creusement a commencé mardi dernier côté italien tandis que les travaux ont déjà été entamés en France.

Paris et Rome doivent aussi lancer la procédure de création du nouveau promoteur public chargé de la réalisation et de l'exploitation du tunnel.

Les difficultés financières des deux Etats font craindre aux élus que, malgré leurs engagements répétés à financer cette infrastructure, leur volonté d'aller de l'avant ne succombe aux pressions budgétaires. Le coût total du projet, gares et liaisons comprises, est évalué à 25 milliards d'euros.

La suspension de l'écotaxe pourrait aussi faire réfléchir les pouvoir publics français, privés d'une importante ressource en cas d'abandon définitif de la taxe poids lourds.

"MESSAGE SUBLIMINAL POUR BERCY"

L'écotaxe devait rapporter un peu moins de 1,2 milliard d'euros chaque année, dont 780 millions pour l'Agence de financement des infrastructures de transport de France.

L'appel des parlementaires a pour but de contrecarrer ceux qui plaident pour retarder la mise en oeuvre du projet contesté par les écologistes et la Cour des comptes française.

"C'est un message subliminal pour Bercy", a plaisanté Le sénateur Jean-Pierre Vial.

L'argument économique est néanmoins aussi repris par les alliés écologistes du Parti socialiste.

"Si ce projet pharaonique se réalise, il asséchera les finances publiques, qui pourraient plutôt servir à rénover le réseau ferré existant et le transfert modal des camions sur le train et le bateau partout en France", expliquait Europe Ecologie-Les Verts dans un communiqué le 8 octobre.

Le Lyon-Turin, défendu depuis plus de dix ans par des gouvernements de droite comme de gauche, bénéficie d'un large soutien au Parlement.

Les députés français, à l'exception des écologistes, ont déjà ratifié l'accord franco-italien sur la ligne ferroviaire et doivent être suivis ce lundi dans la soirée par le Sénat.

Cette future ligne va nécessiter la réalisation de plusieurs ouvrages d'art exceptionnels, dont un tunnel "bitube" de 57 kilomètres qui débutera, côté français, près de Saint-Jean-de-Maurienne et débouchera, côté italien, près de Suse.

La ligne permettra de basculer de la route vers le rail une partie du transport de marchandises à travers les Alpes et mettra Milan à quatre heures de Paris, contre sept aujourd'hui.

Edité par Yves Clarisse

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