Paris et Londres renforcent leur coopération sécuritaire

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COOPÉRATION SÉCURITAIRE RENFORCÉE ENTRE PARIS ET LONDRES
COOPÉRATION SÉCURITAIRE RENFORCÉE ENTRE PARIS ET LONDRES

par Elizabeth Pineau et John Irish

AMIENS, Somme (Reuters) - La France et la Grande-Bretagne ont renforcé jeudi leur coopération en matière de défense et de sécurité lors d'un sommet franco-britannique notamment consacré au conflit en Syrie, à l'origine de la crise des réfugiés en Europe.

Au terme d'un sommet à Amiens, dans le nord de la France, François Hollande et David Cameron ont annoncé la tenue, vendredi, d'un entretien téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine et la chancelière Angela Merkel sur le dossier syrien.

A la veille de cette discussion, le président français et le Premier ministre britannique ont une nouvelle fois mis la pression sur Moscou, accusé de prendre pour cible des civils et l'opposition syrienne modérée.

"Nous avons besoin de sa participation mais nous devons exiger d'elle qu'elle comprenne qu'il y a une opposition qui ne se confond pas avec Daech", a dit François Hollande à l'adresse de la Russie, lors d'une conférence de presse aux côtés de David Cameron.

"Notre adversaire, c'est Daech", a-t-il ajouté, utilisant l'acronyme arabe de l'Etat islamique (EI) contre lequel Londres et Paris sont engagés militairement.

Concernant la trêve décrétée le week-end dernier en Syrie, indispensable à une éventuelle reprise des négociations le 9 mars à Genève, le chef de l'Etat a estimé qu'elle était "globalement respectée."

Parallèlement, la France et la Grande-Bretagne, tous deux membres permanents du conseil de sécurité de l'Onu, ont annoncé un renforcement de leur coopération militaire, avec la création d'une force opérationnelle commune et un plan d'investissement de deux milliards d'euros pour le développement de drones de combat de nouvelle génération à l'horizon 2030.

Des décisions stratégiques prises sur fond d'incertitudes quant au résultat du référendum du 23 juin prochain sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne.

David Cameron, qui fait campagne pour le maintien après avoir obtenu des concessions de la part des Vingt-Huit, a insisté sur l'importance de l'aide européenne en matière sécuritaire.

"S'agissant du terrorisme, des frontières je suis convaincu qu'il vaut mieux que nous fassions partie d'une Union européenne réformée", a-t-il déclaré.

CONSÉQUENCES D'UN BREXIT

François Hollande a rappelé pour sa part son souhait de voir la Grande-Bretagne rester dans l'Union pour son intérêt et celui des Européens.

"La France n'entend pas faire pression sur le peuple britannique pour lui dicter ses choix", a-t-il souligné.

"C'est d'abord aux Britanniques de décider pour leur avenir", a-t-il ajouté, évoquant toutefois les conséquences pour le marché unique, la circulation des produits et des personnes.

"Ça ne remettra pas en cause les relations historiques amicales entre le Royaume-Uni et la France mais ça aura des conséquences y compris sur manière de gérer les situations en matière de migrations".

Dans une interview accordée au Financial Times publiée jeudi, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron prévient notamment que la France autorisera les migrants à se rendre en Grande-Bretagne et déroulerait un tapis rouge aux banquiers quittant la City en cas de "Brexit".

(Edité par Yves Clarisse)

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