Paris et Londres renforcent leur coopération sécuritaire

le
0
    * La Syrie et la crise de réfugiés abordés au sommet 
d'Amiens 
    * Création d'une force opérationnelle commune 
    * Paris met en garde Londres sur les migrants en cas de 
"Brexit" 
 
    par Elizabeth Pineau et John Irish 
    AMIENS, Somme, 3 mars (Reuters) - La France et la 
Grande-Bretagne ont renforcé jeudi leur coopération en matière 
de défense et de sécurité lors d'un sommet franco-britannique 
notamment consacré au conflit en Syrie, à l'origine de la crise 
des réfugiés en Europe.  
    Au terme d'un sommet à Amiens, dans le nord de la France, 
François Hollande et David Cameron ont annoncé la tenue, 
vendredi, d'un entretien téléphonique avec le président russe 
Vladimir Poutine et la chancelière Angela Merkel sur le dossier 
syrien.  L8N16B4I4  
    A la veille de cette discussion, le président français et le 
Premier ministre britannique ont une nouvelle fois mis la 
pression sur Moscou, accusé de prendre pour cible des civils et 
l'opposition syrienne modérée.  
     "Nous avons besoin de sa participation mais nous devons 
exiger d'elle qu'elle comprenne qu'il y a une opposition qui ne 
se confond pas avec Daech", a dit François Hollande à l'adresse 
de la Russie, lors d'une conférence de presse aux côtés de David 
Cameron.  
    "Notre adversaire, c'est Daech", a-t-il ajouté, utilisant 
l'acronyme arabe de l'Etat islamique (EI) contre lequel Londres 
et Paris sont engagés militairement.  
    Concernant la trêve décrétée le week-end dernier en Syrie, 
indispensable à une éventuelle reprise des négociations le 9 
mars à Genève, le chef de l'Etat a estimé qu'elle était 
"globalement respectée."   
    Parallèlement, la France et la Grande-Bretagne, tous deux 
membres permanents du conseil de sécurité de l'Onu, ont annoncé 
un renforcement de leur coopération militaire, avec la création 
d'une force opérationnelle commune et un plan d'investissement 
de deux milliards d'euros pour le développement de drones de 
combat de nouvelle génération à l'horizon 2030.   
    Des décisions stratégiques prises sur fond d'incertitudes 
quant au résultat du référendum du 23 juin prochain sur le 
maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne.  
    David Cameron, qui fait campagne pour le maintien après 
avoir obtenu des concessions de la part des Vingt-Huit, a 
insisté sur l'importance de l'aide européenne en matière 
sécuritaire.  
     "S'agissant du terrorisme, des frontières je suis convaincu 
qu'il vaut mieux que nous fassions partie d'une Union européenne 
réformée", a-t-il déclaré. 
     
    CONSÉQUENCES D'UN BREXIT 
    François Hollande a rappelé pour sa part son souhait de voir 
 la Grande-Bretagne rester dans l'Union pour son intérêt et 
celui des Européens.  
    "La France n'entend pas faire pression sur le peuple 
britannique pour lui dicter ses choix", a-t-il souligné.   
    "C'est d'abord aux Britanniques de décider pour leur 
avenir", a-t-il ajouté, évoquant toutefois les conséquences pour 
le marché unique, la circulation des produits et des personnes. 
    "Ça ne remettra pas en cause les relations historiques 
amicales entre le Royaume-Uni et la France mais ça aura des 
conséquences y compris sur manière de gérer les situations en 
matière de migrations". 
    Dans une interview accordée au Financial Times publiée 
jeudi, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron prévient 
notamment que la France autorisera les migrants à se rendre en 
Grande-Bretagne et déroulerait un tapis rouge aux banquiers 
quittant la City en cas de "Brexit"  ID:nL8N16B1QY .  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant